Thiès — La spécialiste en biodiversité et en semences, Khady Ndour, a souligné l'importance du compostage, pour l'atteinte de la sécurité alimentaire au Sénégal, dans un contexte de dégradation des sols et de prolifération des risques sanitaires liés aux produits chimiques.
"Si nous ne réglons pas le problème de la qualité des sols, nous aurons toujours des difficultés pour atteindre les rendements agricoles escomptés des variétés sélectionnées", a-t-elle déclaré.
Khady Ndour s'exprimait lors d'une rencontre à Thiès, samedi, dans les activités du Groupe d'initiatives pour le progrès social/West Africa Region (GIPS/WAR).
Selon cette experte, le contexte actuel est marqué par une insécurité alimentaire liée au problème de la fertilité des sols, qui constitue le support végétal de l'agriculture.
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"La formation vise à accompagner les communautés à la base, pour qu'elles puissent développer des mécanismes, en vue d'améliorer les rendements, mais également faciliter l'accès à l'engrais organique aux acteurs horticoles, surtout dans la zone des Niayes", a-t-elle fait savoir.
Soulignant le rôle important du compost dans la fertilité du sol, il a relevé qu'il "n'est pas difficile à réaliser".
"Il suffit d'avoir des débris végétaux, quelques composantes organiques auto-biodégradables, pour réaliser un compost qui pourra être bénéfique pour l'environnement, le producteur, mais également pour le maintien de la biodiversité", a-t-elle expliqué.
Selon Khady Ndour, le compost est plus rentable que l'engrais chimique, parce qu'en termes de coût, "l'engrais organique est moins cher".
En plus, son action sur la végétation est beaucoup plus importante que celle de l'engrais chimique, en termes de croissance et de résistance.
L'engrais chimique cause des dommages sur les récoltes, mais aussi sur la durée de conservation, s'il n'est pas utilisé de manière rationnelle.
Il s'y ajoute que l'utilisation de pesticides "cause des maladies telles que l'AVC, d'après des études scientifiques".
"Je pense que limiter l'utilisation excessive des engrais chimiques [et] des pesticides serait bénéfique pour la santé, mais aussi pour le producteur et le consommateur", a soutenu la spécialiste.
Elle a laissé entendre que les produits récoltés qui avaient été traités à l'engrais chimique et aux pesticides se conservent "difficilement".
"Quelle que soit la température, ils se détériorent vite, du fait des substances chimiques qu'ils contiennent".
"Contrairement aux pratiques éco-durables, vous pouvez, par exemple, récolter l'oignon, la tomate pendant des jours, sans avoir de soucis de conservation", a poursuivi Khady Ndour.
Elle a appelé les autorités à accompagner les acteurs à la base en termes de formation et de financement, pour les aider à produire leur propre compost et limiter l'importation de l'engrais chimique au Sénégal.