Ile Maurice: Un avenir troublant... et pourtant

Le ministre de l'Énergie est un homme sous pression qui veut, on le croit, réussir le pari du renouvelable. Sa conférence de presse de lundi pose les bases de sa bonne disposition et de son ambition : 405 MW de capacités nouvelles sont annoncés. Cependant, deux défis restent solidement ancrés à son horizon. D'abord, ce n'est pas la première fois que l'on annonce des projets du genre - ce qui laisse de nombreux citoyens cyniques et sceptiques - et, d'autre part, même si tout se passe bien, les résultats ne seront pas pour tout de suite...

Le gouvernement précédent ne nous annonçait-il pas la fin du charbon et 60 % d'énergie renouvelable pour 2030 ? C'était encore son objectif déclaré dans le budget aussi récent que celui de 2023-24 où il déclarait (section 185) avoir déjà approuvé 1 400 projets pour une capacité totale de 136 MW ! De plus, n'annonçait-on pas des schemes CEB imminents pour les hôtels, les shopping malls et l'agriculture ? Ne déclaraitil pas installer 32 MW de solaire flottant à Tamarind Falls ?

Ne décrétait-il pas installer des kits solaires sur l'ensemble du social housing du pays ? Ne promettait-il pas 14MW à l'aéroport, 6 MW sur le toit de 200 écoles, et 33 MW à Triolet, Coromandel, Arsenal, Plaine-des-Roches , Henrietta et à l'hôpital Nehru, pour livraison à... juin 2024 ? De plus, j'ai bien relu les sections appropriées et je n'ai, cependant, vu AUCUNE référence aux batteries de stockage, coûteuses mais absolument nécessaires, si l'on veut couvrir la période de demande de pointe entre 18 h 00 et 21 h 00... Un oubli symptomatique ?

Rien n'est aussi... «renouvelable» que les promesses, semble-t-il ! L'essentiel de ce que contenait le budget 2023-24 était DÉJÀ annoncé dans le Renewable Energy Roadmap Review de 2022 et dans le budget 2021-22 : 60 % de renouvelable et plus de charbon jusqu'à 2030, le secteur de Green Energy comme un nouveau pillar (un mot largement éculé...) de l'économie et 10 % de gain d'efficience énergétique. Ce qui devait alors coûter $ 1,345 milliards (Rs 64 milliards au taux présent...). Le roadmap de 2019 ambitionnait 35 % de renouvelable... pour 2025.

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Ceux qui sont RESPONSABLES de ce que nos ambitions déclarées de 60 % d'énergie renouvelable à 2030 soient, à ce jour, une foirade, sont de véritables CRIMINELS ! Faites les calculs. Ce n'est pas une exagération ! La conférence de presse du ministre Assirvaden constate les dégâts puisque la part du renouvelable a baissé à 17,2 % de la production totale, malgré les annonces dithyrambiques et les promesses renouvelées. Et il annonce lui-même pour 405 MW de projets renouvelables, étalés sur un calendrier qui monte en puissance jusqu'en 2028, ce qui veut dire que les étés 2026 et 2027 seront probablement problématiques...

Qu'y prévoit-on ? Mais contrairement à son prédécesseur, aujourd'hui casé dans le rôle somme toute plus simple de leader de l'opposition, Assirvaden semble avoir étudié les contraintes et la réalité avec sérieux. Ainsi, les projets photovoltaïques d'importance seront invariablement approuvés avec des batteries de stockage (330/405 MW) ; le gouvernement va garantir les capacités de paiement du CEB afin de rendre les projets «banquable» et le ministère de l'Agro-industrie ne pourra plus bloquer des projets en requalifiant les terres utilisées comme prime land, l'agrivoltaïque étant favorisé.

De plus, le ministre reconnaît que le charbon ne pourra être remplacé par la biomasse que graduellement... et le principe d'étaler les risques (et la production PV) est privilégié. Ces ajustements au programme devraient grandement aider à favoriser la transition énergétique vers le renouvelable...

La flambée récente des prix des énergies fossiles va aider aussi, puisque les prix du soleil et du vent n'ont, quant à eux, pas bronché... Mardi matin, vers les 10 h 30 , un embouteillage monstre menant à Port-Louis. Que ce soit à l'entrée sud ou à l'entrée nord. Le refoulement de trafic allait au moins jusqu'au rond-point Jumbo à l'entrée nord et bien au-delà de Plaine-Lauzun à l'entrée sud. Cependant, les véhicules n'étaient pas exactement aux arrêts et roulaient à 10 km/h, par intermittence.

Les automobilistes ont dû faire l'hypothèse d'un gros carambolage ? En fait, un énorme camion de wastewater était en panne devant la poste centrale, sortie Nord et irradiait l'environnement de ses odeurs fécales. Les policiers avaient rapidement investi la place et décidé de dévier le trafic vers le nord sur un des axes routiers allant vers le sud ! Ainsi le ralentissement...

Suggestion : au vu des perturbations causées aux automobilistes par les véhicules en panne (ou mêmes les véhicules causant un accident qui bloqueraient le trafic), pourquoi ne pas les mettre à une amende saignante ? Cela forcerait peutêtre les propriétaires de véhicules à être plus prudents au volant et, d'autre part, à mieux soigner leurs véhicules mécaniquement, de manière à ce qu'ils tombent moins en panne. Au détriment des autres...

Le quotidien peut souvent nous laisser anxieux. Perturbé. Cynique. Parfois même catastrophiste ! Entre les guerres d'Ukraine et d'Iran, on trouve celles de Somalie ou du Liban. Et d'autres. Des morts partout. Des blessés aussi. Trop souvent des civils. Des déplacés par millions. Des dégâts matériels colossaux. Si seulement ces dégâts étaient de nature strictement militaire ! Peuchère ! Poutine s'est, depuis longtemps déjà, mis à détruire des dizaines de centrales électriques, réservoirs, hôpitaux et blocs résidentiels strictement civils.

Zelensky y répond à peine, un peu, plus récemment. Netanyahu s'y est, lui, mis dès le départ à Gaza, puis au Liban et, même en temps de paix, il a peu hésité en Cisjordanie, laissant faire ses colons, souvent avec un peu d'aide policière... Et voilà que Trump, qui a déjà abîmé de nombreuses écoles et universités, selon le NYT, menace de faire de même, avec des promesses de retourner l'Iran à l'âge de pierre en bombardant, jurons écoeurants pour pimenter, centrales électriques, ponts et la centaine d'usines de dessalement d'un pays en pleine sécheresse...

Si le cessez-le-feu de deux semaines ne se transforme pas en pacte de paix, ce qui est malheureusement probable, la réplique, oeil pour oeil, de l'Iran sur la région serait évidemment catastrophique ! Trump et Netanyahu espéraient pouvoir totalement éliminer les missiles et drones iraniens après quatre semaines de bombardements intenses ? Il n'en est rien. Les puits de pétrole et les raffineries attaqués par les missiles ou les drones qui restent (combien ? L'Iran en produit toujours ?), auraient des conséquences extrêmement sérieuses pour les économies régionales et même mondiales. Mais il y a bien pire que le fioul : c'est l'eau !

En effet , les états du Moyen-Orient sont extrêmement dépendants de leurs usines de dessalement et si celles-ci sont détruites par vengeance iranienne, cela sera tout simplement dévastateur! Comme le signale Christopher Low de l'université de l'Utah, les pays du Golfe peuvent se développer d'abord parce que leurs ressources fossiles relativement peu chères permettent l'accès à l'eau dans des zones désertiques, grâce au dessalement...

La dépendance sur ces usines est désormais démesurée ! Pour Oman et le Kuwait, c'est à 90 % ; pour Bahreïn, 85 % ; et pour l'Arabie saoudite, 70 %. Abu Dhabi, Dubaï, Riyadh, Doha, Kuwait City et Djeddah en dépendent presque totalement. Si le puits ZamZam aide, la Mecque ne pourrait accueillir tous ses pèlerins sans l'eau qui est dessalée sur la Mer Rouge, notamment à Shoaiba. Si les nations du Golfe se flinguent toutes pour détruire l'accès à l'eau, les conséquences seront existentielles !

Il y a même déjà un précédent partiel à ce cataclysme possible. En 1991, pendant que l'Iraq bataillait l'Iran, le premier nommé relâchait intentionnellement des centaines de millions de barils d'huile visqueuses dans le golfe Persique, polluant ainsi l'eau utilisée par les usines de dessalement du Golfe. Au point où Kuwait dut affréter des tankers d'eau de Turquie et d'Arabie ainsi que des milliers de camions d'eau embouteillée. La dépendance de la région sur ses usines de dessalement rend aujourd'hui ces pays extrêmement vulnérables.

La guerre d'Iran nous concerne au plus haut point ! Le PM a raison de dire qu'en période de crise grave, il n'y a pas de place pour de la démagogie politique. Le PM de 2020 disait la même chose face au Covid-19. Cette fois, le virus est d'ordre économique avant tout. Plutôt que les états d'âme au MMM; les finances publiques, l'énergie, l'alimentaire, le tourisme seront nos principales préoccupations ces prochaines semaines. Ce sont tous des sujets qui suggèrent la morosité, surtout si les opposants en font des objets de démagogie scélérate.

C'est bien dans ces moments-là qu'il faut renouer avec le baume du créatif, du magique et du beau. Je vous invite à visiter le lien suivant (*). Si cela ne vous accorde pas quelques longues minutes de bonheur émotionnel, je vous croirais irrécupérable...

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