Le 7 avril a marqué, comme chaque année, la Journée mondiale de la santé, initiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour 2026, le thème, «Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science», s'impose comme un appel mondial à la solidarité et à la confiance dans les données scientifiques face aux défis sanitaires contemporains.
Selon l'OMS, cette édition donne le coup d'envoi à une campagne d'un an mettant en lumière le rôle crucial de la collaboration scientifique dans la protection de la santé humaine, animale, végétale et environnementale. À travers l'approche One Health, qui reconnaît l'interconnexion entre ces différents domaines, l'objectif est de transformer les preuves scientifiques en actions concrètes grâce à une coopération internationale renforcée.
Deux événements majeurs sont venus s'ancrer dans cette mobilisation mondiale. D'une part, le sommet international One Health, organisé le 7 avril sous la présidence française du G7, et d'autre part, le premier Forum mondial des centres collaborateurs de l'OMS, qui s'est tenu du 7 au 9 avril. Près de 800 institutions scientifiques issues de plus de 80 pays y ont participé, constituant ainsi le plus vaste réseau scientifique jamais réuni autour d'une agence des Nations unies. Ce rassemblement a illustré la capacité des partenariats fondés sur la science à bâtir un avenir plus sûr et plus sain.
Au-delà des grandes instances, la campagne invite également les citoyens à s'engager activement : célébrer les avancées scientifiques, s'informer à partir de sources fiables, partager des expériences personnelles, et rejoindre la conversation mondiale à travers les hashtags #StandWithScience et #WorldHealthDay. L'enjeu est aussi de restaurer la confiance du public envers la science et les systèmes de santé, un défi majeur dans un contexte marqué par la désinformation.
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À Maurice, le ministre de la Santé et du bien-être, Anil Bachoo, a souligné l'importance de cette démarche collective : «Les systèmes de santé solides reposent sur la confiance dans la science, la collaboration entre les secteurs et un engagement commun à protéger le bien-être de notre population.»
Face à la montée des maladies non transmissibles, le ministre a annoncé le lancement du programme Prévention nationale pour maladies non transmissibles, visant à rapprocher les services de santé de la population. Ce programme propose des dépistages gratuits du diabète, de l'hypertension et des troubles visuels, ainsi que des examens de dépistage du cancer et des sessions d'éducation à la santé.
Les chiffres rappellent l'urgence de la situation. Dans le pays, environ 72 % de la population est en surpoids ou souffre d'obésité, un facteur de risque majeur pour plusieurs maladies chroniques. Selon Hansley Ludhor, vice-président de Prevention and Awareness Programme on Internal Malignancies (PAPIM), «un changement de mode de vie permettrait d'éviter quatre cas de cancer sur 10». Il insiste sur la nécessité d'adopter une alimentation équilibrée, de pratiquer une activité physique régulière, d'éviter le tabac et l'alcool, et de se soumettre à des dépistages réguliers.
Si les avancées technologiques ont permis de transformer certaines maladies autrefois mortelles en pathologies chroniques gérables, la prévention demeure la clé. L'augmentation continue des cas de cancer à l'échelle mondiale en est une illustration préoccupante.