Congo-Kinshasa: Le pays émet ses premiers eurobonds, des titres financiers, pour emprunter 1,25 milliard de dollars

C'est une première pour la République démocratique du Congo (RDC) qui vient de réussir, ce 9 avril 2026, l'émission d'eurobonds - des titres de créance émis par un pays - pour un montant total de 1,25 milliard de dollars. C'est la conclusion de plus d'un an et demi de travail pour les autorités financières congolaises qui se montrent satisfaites.

Le deal a été officiellement clôturé jeudi dans la soirée, à l'issue de 48 heures de discussions intenses à Paris, entre le gouvernement congolais, les banques qui ont chapeauté cette émission - la Rawbank et Citibank, deux établissements très présents en RDC - et les investisseurs (principalement des gestionnaires d'actifs et de fonds).

Ces derniers ont décidé d'investir dans la dette congolaise mais à des taux relativement élevés (entre 8.75% et 9.50%). Si les investisseurs ont accordé leur confiance au marché congolais, ils estiment qu'il y a tout de même un risque.

Des risques qui restent dans la moyenne de la région Afrique centrale. À titre d'exemple, l'Angola a émis pour 1,5 milliard de dollars d'eurobonds en octobre, à des taux avoisinants les 10%. En revanche, en février, la Côte d'Ivoire a, elle, obtenu un taux de 5,39%, pour 1,3 milliard de dollars sur 15 ans.

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Diversifier ses sources de financements

L'objectif de cette opération, pour la RDC : diversifier ses financements afin de financer les projets de Kinshasa, comme l'aéroport de la capitale ou la centrale hydroélectrique de Katende dans la province du Kasaï-Central.

Avant cette émission d'eurobonds, la RDC pouvait en effet soit puiser dans ses réserves financières propres soit contracter de nouveaux prêts auprès des grandes institutions comme la Banque mondiale ou le FMI.

Désormais, Kinshasa engage les marchés à investir dans l'économie congolaise. Et, pour cela, elle met en avant, ses bons chiffres macroéconomiques : une faible inflation, une croissance au-dessus des 5% et une dette à 18% du PIB.

Pour cette première congolaise, la demande a d'ailleurs dépassé l'offre, puisque les investisseurs étaient prêts à mettre sur la table 4 fois plus d'argent que le montant visé par Kinshasa. Signe que la RDC est finalement vu comme un emprunteur crédible aujourd'hui.

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