Sénégal: Retrait de 25 000 handicapés bénéficiaires du Programme National de Bourses Familiales - La Fédération Sénégalaise des Associations des Personnes Handicapées dénonce une injustice sociale majeure

La Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées (FSAPH) tire la sonnette d'alarme. Lors d'une conférence de presse, son président, Moussa Thiaré, a dénoncé le retrait d'environ 25 000 personnes handicapées du Programme national de Bourses de sécurité familiale (PNBSF), qualifiant cette décision d'« injustice » et de « régression sociale inacceptable ».

Selon la FSAPH, cette mesure intervient dans un contexte déjà fragile pour les personnes vivant avec un handicap au Sénégal. Celles-ci représentent entre 7,3 % et 16 % de la population, soit plus de deux millions d'individus.

Parmi les 100 021 détenteurs de la Carte d'Égalité des Chances (CEC), plus de 64 000 bénéficiaient jusqu'ici de la Bourse de sécurité familiale. Mais l'application de l'article 12 du décret n°2023-847, limitant l'allocation à une durée de cinq ans, a entraîné l'exclusion de près de 25 000 bénéficiaires.

Pour la FSAPH, cette décision constitue une remise en cause des acquis sociaux obtenus ces dernières années.

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« L'intégration des personnes handicapées dans le PNBSF n'est pas une faveur, mais une mesure de justice sociale », a insisté Moussa Thiaré.

L'organisation rappelle que la mise en place de la Carte d'Egalité des Chances avait marqué une avancée majeure en matière de reconnaissance des droits, en conformité avec les engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

La FSAPH estime que ce retrait repose sur une « erreur d'appréciation sociale » et pointe un manque d'évaluation préalable de l'impact réel de la bourse sur les bénéficiaires, en contradiction avec les dispositions du décret.

L'organisation déplore également l'incohérence avec les orientations politiques précédentes, qui visaient à renforcer la protection sociale des personnes vulnérables.

Au-delà des aspects juridiques, la FSAPH rappelle que le handicap ne peut être considéré comme une situation temporaire : « Appliquer une durée limite à une aide destinée aux personnes handicapées, c'est ignorer une réalité structurelle », souligne son président.

L'organisation insiste sur le cercle vicieux liant handicap et pauvreté, appelant à une prise en compte durable et adaptée de cette vulnérabilité.

Face à cette situation, la FSAPH formule plusieurs recommandations : la réintégration immédiate des personnes handicapées exclues du programme ; la révision du décret n°2023-847, afin d'introduire une dérogation spécifique liée au handicap ; le renforcement de la gouvernance inclusive, avec une participation effective des organisations de personnes handicapées dans les instances de décision.

Se voulant apolitique, la démarche de la FSAPH se présente comme un plaidoyer pour le respect des droits fondamentaux : « Nous ne sollicitons pas une aumône, nous exigeons le respect de la loi », a martelé Moussa Thiaré.

L'organisation appelle les autorités à reconsidérer leur position et invite les médias à relayer la voix des personnes concernées.

Pour la FSAPH, la question dépasse le cadre du PNBSF. Elle interpelle sur la place accordée aux personnes handicapées dans les politiques publiques.

« Une société inclusive n'est plus une option, c'est une obligation », conclut l'organisation, appelant à une mobilisation collective pour garantir justice sociale et dignité à tous.

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