A Dakar comme dans la capitale du Sud du pays, Ziguinchor, des marches pacifiques ont été organisées à l'initiative du Collectif des Familles des Martyrs, de l'Initiative Zéro Impunité (IZI) et du Collectif des Victimes de Macky Sall. Tenues samedi 11 avril 2026, ces mobilisations visaient à réclamer justice pour les victimes de la répression politique survenue entre février 2021 et mars 2024 sous le magistère de Macky Sall.
Dans la capitale sénégalaise, la marche a débuté sur l'avenue Bourguiba, au niveau du supermarché Casino, pour s'achever au rond-point Jet d'eau. À l'issue du rassemblement, une déclaration conjointe a été lue par Mme Mancabou Clémentine Coly, porte-parole du jour des collectifs. Dans leur déclaration, les organisateurs ont rappelé la portée humaine des événements : « Nos fils, nos filles, nos frères, nos soeurs, nos maris ne sont pas des chiffres », ont-ils insisté, évoquant des « vies brisées » et des « familles à jamais marquées par la douleur et l'injustice ».
Les collectifs ont exigé « l'ouverture immédiate d'enquêtes indépendantes, transparentes et crédibles » afin d'identifier tous les responsables, « quels que soient leur rang ou leurs fonctions ». Ils ont également appelé à ce que justice soit rendue « sans délai », dans le strict respect de l'État de droit, afin de restaurer la dignité des victimes et de leurs familles.
Par ailleurs, les manifestants ont fermement rejeté « toute tentative d'oubli, de manipulation ou de récupération politique » de ces événements tragiques, appelant les autorités à poser « des actes forts, symboliques et concrets » pour rompre définitivement avec les pratiques du passé.
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Au-delà des revendications nationales, les collectifs ont également pris position sur la scène internationale. Ils ont remercié l'État du Sénégal ainsi que l'Union africaine pour leur refus d'apporter leur soutien à une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies. Dans leur déclaration, ils ont estimé qu'« aucune candidature à un poste aussi éminent [...] ne saurait être moralement acceptable » tant que la lumière n'aura pas été faite sur les responsabilités liées aux violations des droits humains et aux pertes en vies humaines durant la période concernée.
Les collectifs ont ainsi lancé un appel solennel à la communauté internationale, aux organisations de défense des droits humains et aux institutions multilatérales afin qu'elles privilégient « l'exigence de justice » avant toute considération diplomatique. « Cette marche n'est pas une fin, mais une étape », ont-ils conclu, réaffirmant leur détermination à poursuivre leur combat « jusqu'à ce que vérité, justice et réparation soient pleinement obtenues ». Un message clair scandé tout au long de la mobilisation : « Non à l'impunité ! Justice pour nos martyrs ! »