L'ordination de Mgr Joseph Francis Janvier Badji a transformé Kolda en un sanctuaire de la concorde nationale. Entre les soutanes violettes et le déploiement de l'État, le ministre de l'Intérieur, Me Bamba Cissé, a scellé un pacte de fraternité, rappelant que si César et Dieu ont chacun leur royaume, ils partagent ici la même terre : celle du vivre-ensemble.
L'air est saturé de ferveur et d'encens. À Kolda, samedi dernier, les frontières semblent s'être effacées. Celles de la Gambie et des deux Guinées, toutes proches, mais aussi celles, parfois plus tenaces, qui séparent le temporel du spirituel. Au coeur de cette effervescence, un homme concentre tous les regards : Mgr Joseph-Francis Janvier Badji. Trente ans après son premier « oui » à Oussouye, l'enfant du pays devient l'évêque coadjuteur d'un diocèse stratégique, sous le regard bienveillant du nonce apostolique et de l'archevêque de Dakar.
Le ministre de l'Intérieur, Me Bamba Cissé, porteur du message du chef de l'État Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, ne s'y est pas trompé. En montant à la tribune, le ministre n'est plus seulement l'exécuteur de la loi, mais le témoin d'une « sororité républicaine ». « Il est des moments où la rencontre entre la spiritualité et la République donne toute sa mesure à ce qui fonde notre nation », lance-t-il d'une voix posée devant une assemblée de dignitaires venus de toute la sous-région.
Pour le gouvernement, le choix de la devise du nouvel évêque, « Humilitas fiduciaque » (Humilité et confiance), n'est pas qu'un slogan d'Église. C'est un programme de stabilité pour une région, la Casamance naturelle, qui a tant soif de paix.
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L'Église, sentinelle de la paix en Casamance
Le ministre a insisté sur le rôle crucial de l'institution catholique dans ce carrefour géographique. À Kolda et Sédhiou, là où les échanges humains structurent l'économie, l'Église est bien plus qu'un lieu de culte : c'est une « sentinelle ». « Votre diocèse est un espace de rapprochement entre les peuples, où la foi devient un vecteur de stabilité », a martelé Me Bamba Cissé.
De l'éducation à la santé, des pèlerinages de Temento aux oeuvres sociales, le ministre a rendu un hommage vibrant à une Église qui « forme des citoyens responsables » et qui, dans le silence de ses missions, répare les tissus sociaux déchirés par les défis transfrontaliers.
Le passage de témoin et l'ode à la paix de Me Bamba Cissé
L'émotion est montée d'un cran lorsque le ministre a annoncé que sa présence n'était que le prélude d'un engagement plus fort : le président Bassirou Diomaye Faye lui-même viendra réitérer ses félicitations lors de sa prochaine tournée économique dans la région.
Dans son discours, le ministre de l'Intérieur a rendu hommage à l'évêque sortant Mgr Bassène qui, a-t-il rappelé, a été le pèlerin infatigable des zones oubliées, du Pakao au Balantakunda. « Vous ne vous reconnaissiez pas dans les éloges précédents ? J'espère que vous vous retrouverez dans les miens », martèle Me Bamba Cissé. Il décrit un homme qui a marié la croix et le bâton de pèlerin pour désenclaver les coeurs, travaillant main dans la main avec la République pour tisser des liens de fraternité là où la géographie sépare.
Puis vient le regard vers l'avenir : Mgr Joseph-Francis Janvier Badji. Pour le nouvel évêque, les voeux de succès ne sont pas une simple formalité. Dans une sous-région ouest-africaine balafrée par les tensions et les fragilités, Kolda devient un bastion de résistance spirituelle.
Me Bamba Cissé rappelle l'ambition du président Faye : une stabilité qui ne repose pas uniquement sur la force, mais sur l'harmonie. C'est ici que la nouvelle Délégation générale aux affaires religieuses, pilotée par le Dr Djib Dramé, prend tout son sens. Plus qu'une administration, c'est un bouclier contre l'intolérance.
Le moment atteint son apogée lorsque l'orateur élargit l'horizon. De la terre rouge de Kolda aux sables meurtris du Moyen-Orient, l'appel à la paix résonne. En union avec le pape Léon XIV, Me Bamba Cissé a transformé cette ordination en un plaidoyer universel. « Que votre épiscopat soit fécond », conclut-il, laissant derrière lui l'image d'un Sénégal fidèle à son Adn : une nation où la diversité n'est pas une fracture, mais une force. À Kolda, sous les bénédictions croisées, la République et l'Église ont réaffirmé leur pacte sacré pour une stabilité durable.