Afrique: Traite négrière - Des avancées

13 Avril 2026

La question des réparations pour l'esclavage transatlantique revient sur le devant de la scène diplomatique.

À l'issue d'une rencontre à Paris la semaine dernière entre le président ghanéen John Dramani Mahama et Emmanuel Macron, Accra a indiqué que la France se montrait disposée à engager des discussions sur ce dossier historique et sensible.

Selon le ministre ghanéen des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, Macron aurait exprimé sa volonté d'ouvrir un « dialogue ouvert et honnête » englobant la restitution d'artefacts culturels pillés, la réduction des inégalités économiques mondiales et le démantèlement du racisme structurel.

L'Élysée, pour sa part, a confirmé que les échanges ont porté sur la restitution d'objets culturels et de restes humains, sans mentionner les mesures additionnelles évoquées par la partie ghanéenne. Une divergence de communication qui illustre toute la complexité du sujet.

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Cette rencontre intervient dans la foulée d'une résolution historique adoptée aux Nations Unies à l'initiative du Ghana, reconnaissant l'esclavage comme « le crime le plus grave contre l'humanité » et appelant à des réparations.

La France, comme la plupart des nations européennes, s'est abstenue lors du vote, invoquant des réserves sur la hiérarchisation des crimes contre l'humanité, une position qui contraste avec son ouverture affichée en bilatéral.

Les chiffres rappellent l'ampleur du crime. Entre le 15e et le 19e siècle, au moins 12,5 millions d'Africains ont été arrachés à leur continent et réduits en esclavage par des navires majoritairement européens.

La France est directement responsable de la déportation d'environ 1,3 million de personnes, selon la base de données Slave Voyages. En 2001, elle a reconnu la traite négrière comme crime contre l'humanité, mais n'a jamais présenté d'excuses formelles ni pris d'engagement concret en matière de réparations.

Le Togo, voix engagée pour la justice historique

Cette question résonne avec une acuité particulière au Togo, dont les côtes ont été l'un des points de départ les plus actifs de la traite négrière dans le Golfe de Guinée. Les dirigeants togolais ont constamment soutenu les initiatives africaines réclamant reconnaissance et réparations, s'inscrivant pleinement dans la dynamique portée par l'Union africaine.

Pour Lomé, il ne s'agit pas d'un débat abstrait, c'est une question de mémoire, de dignité et de justice pour des millions d'hommes et de femmes dont l'histoire a été volée.

Les appels à réparation gagnent du terrain à l'échelle mondiale. Mais entre les déclarations d'ouverture et les engagements concrets, le fossé reste immense. L'Afrique, elle, attend des actes.

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