Ile Maurice: Reza Uteem - «On ne peut parler de faux militants et de militants bidons lorsqu'ils ne partagent pas l'opinion du leader !»

L'assemblée des délégués a voté à l'unanimité samedi pour le maintien du MMM au sein du gouvernement. Comment accueillez-vous cette décision avec la présence de 306 branches sur 400, soit une présence de plus de 75 % ?

Ce qui a toujours différencié le MMM des autres partis politiques, c'est qu'au MMM nous avons des instances qui se réunissent régulièrement où chaque membre participe activement aux discussions et une fois une décision prise, la discipline du parti prévaut. On a le droit de ne pas être d'accord avec la décision du parti. On a droit à son opinion. Mais une fois qu'une décision est prise, nous devons la respecter. Par exemple, il y a toujours eu une tendance qui privilégie que le MMM aille seul aux élections.

Cependant, une fois le comité central et l'assemblée des délégués décident d'aller aux élections en alliance, tous les militants se rallient derrière cette décision. Il en est de même pour la décision que le MMM continue de travailler au sein du gouvernement. Notre bureau politique, puis notre comité central et maintenant notre assemblée des délégués ont voté pour que le MMM reste au gouvernement, c'est le devoir des vrais militants de respecter la voix de la très grande majorité des militants qui se sont exprimés librement et démocratiquement.

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Pour beaucoup, cette série d'événements marque un tournant historique sur la scène politique. Un MMM qui va contre la décision de son leader emblématique. Pensez-vous qu'un retour de Paul Bérenger au sein du MMM pas comme leader, car il l'est toujours-mais présent dans les bureaux politiques ou à l'assemblée des délégués est envisageable ? Notons que quelques militants présents ont laissé entendre qu'ils n'ont pas apprécié le commentaire de Paul Bérenger qui a qualifié l'assemblée des délégués de bidon.

Ce qui se passe au MMM ces jours-ci est d'une tristesse... comme l'a si bien résumé le leader : leker kase. Mais on se retrouve dans cette situation car le leader ne veut pas accepter la volonté de la très grande majorité des militants. On ne peut, d'une part, revendiquer que le MMM est un parti démocratique et, d'autre part, parler de faux militants et de militants bidons lorsqu'ils ne partagent pas l'opinion de leur leader ! Oui, les militants sont blessés et ce n'est certainement pas en les insultant et en les traitant de tous les noms qu'on devient les «vrais militants» !

Lors de votre entretien après l'assemblée des délégués, vous avez dit être ouvert à retravailler avec Paul Bérenger. Est-ce vraiment possible ou la fracture et les propos tenus ont-ils été trop graves ?

J'étais en pèlerinage à la Mecque lorsque le comité central s'était réuni le 18 mars pour discuter de la démission éventuelle du leader et si le MMM devait aller chauffer les bancs de l'opposition. À travers les représentants de ma régionale, j'ai fait connaître ma position, notamment que Paul ne devrait pas démissionner car il a encore beaucoup à contribuer au sein du gouvernement et que j'étais en faveur que le MMM reste au gouvernement pour appliquer notre programme électoral. Ma position n'a pas changé depuis.

La question du leadership vient sur la table et on l'a entendue lors de la session de questions-réponses. C'est un sujet qui est abordé aussi dans les instances et avez-vous déjà une marche à suivre ?

Dans la mesure où Paul Bérenger est toujours leader du MMM et n'a pas démissionné de son parti, la question du leadership ne se pose pas.

Comment va évoluer le MMM au parlement sans le leader ?

Comme Paul aime bien le dire, «nous allons verrons». Néanmoins, malgré l'absence de Paul Bérenger, je constate que le travail continue au sein du gouvernement. Nous avons participé pleinement au comité de crise suite à la guerre en Iran et au Conseil des ministres. Malgré l'absence de Paul Bérenger et de sa fille du Parlement depuis l'année dernière, les travaux parlementaires se poursuivent et de nouvelles lois sont débattues.

J'ouvre une parenthèse pour souligner que le gouvernement a besoin du soutien des députés du MMM pour avoir la majorité des trois quarts nécessaire afin d'implémenter les réformes constitutionnelles promises durant la campagne électorale, y compris la réforme électorale et le financement des partis politiques.

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