Le projet Smart Agriculture, visant à accompagner la transition agroécologique, porté par la Mauritius Chamber of Agriculture (MCA), se poursuit dans sa troisième phase. Il vise à optimiser la gestion des intrants - pesticides, engrais et eau - et à mettre en œuvre des techniques alternatives adaptées à chaque contexte agricole, telles que la rotation des cultures, la préservation de la biodiversité et l'utilisation de pièges.
Les systèmes de production ainsi développés, avec une traçabilité appropriée, permettent de réduire les résidus de produits phytosanitaires, tout en répondant aux attentes des consommateurs pour des produits plus sains et en respectant l'environnement. Le projet cherche également à améliorer la productivité et les résultats économiques des exploitations. Dans le cadre de la troisième phrase de ce projet, une formation dédiée à la gestion agroécologique des exploitations (agroecological farm management) s'est tenue le 30 mars, réunissant une trentaine de planteurs.
Lancée en avril 2025, cette troisième phase vise à promouvoir l'agroécologie et à accompagner les agriculteurs dans l'adoption de pratiques agricoles durables, en vue de construire une agriculture plus résiliente et plus respectueuse de l'environnement.
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Cette formation s'est inscrite dans l'un des volets clés du projet, qui prévoit l'organisation d'ateliers et de programmes de formation pour sensibiliser les planteurs aux principes de l'agroécologie, notamment la santé des sols, la préservation de la biodiversité et les méthodes de culture durables. Cette troisième phase bénéficie du soutien financier de l'United Nations Development Programme (UNDP) sous le Global Environment Facility, du Mauritius Research Innovation Council (MRIC) de ER Group à travers le projet Varuna.
Selon Mishtee Sumboo, assistant de projet à la MCA, les initiatives mises en place permettent aux planteurs de mieux comprendre les enjeux de l'agriculture moderne et d'adopter progressivement de nouvelles méthodes de culture, soit les techniques agroécologiques. «Les retours sont jusqu'ici positifs. Les planteurs y participent activement et montrent un réel intérêt pour faire évoluer leurs pratiques», souligne-t-elle.
Financé par le Small Grants Programme du UNDP, avec l'appui du projet Varuna mis en oeuvre par Expertise France et soutenu par l'Agence française de développement (AFD), ce programme prévoit un accompagnement financier technique d'environ Rs 2 millions, indique Mishtee Sumboo. Cette enveloppe permet de soutenir les planteurs dans l'acquisition d'équipements pour la mise en place de pratiques agricoles durables.
Les phases précédentes du projet Smart Agriculture ont jeté les bases de cette transition agroécologique. La phase 1, lancée en 2015 et financée par l'AFD, avait révélé, à travers une enquête menée auprès de 300 producteurs de légumes, un usage intensif et non maîtrisé des pesticides.
La phase 2, lancée en 2017 avec le soutien de l'Union européenne et du MRIC, visait à réduire l'usage de produits synthétiques. Un réseau de 13 exploitations a été formé aux techniques agroécologiques, avec l'appui d'experts locaux et internationaux. Des pratiques telles que le paillage, le compostage, l'assainissement des parcelles et l'utilisation de matériels comme broyeurs, filets anti-insectes et binettes ont été testées.
Les visites sur le terrain et les échanges d'expériences ont permis de produire des références techniques et économiques. L'évaluation des 29 principales cultures légumières a montré une réduction moyenne de 58 % de l'indice de fréquence de traitement (TFI), avec des baisses allant jusqu'à 77 % pour certaines cultures. Par ailleurs, les Assises de l'agriculture 2026, organisées en janvier par le ministère de l'Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l'économie bleue et de la pêche, avaient pour thème «Smart Agriculture for a Resilient Mauritius», reflétant l'orientation nationale vers une agriculture plus durable et résiliente.