Hier dimanche 12 avril 2026, près de 8 millions d'électeurs béninois étaient appelés aux urnes pour le vote du président de la République. Ce dernier scrutin marque la fin d'un long processus électoral démarré le 11 janvier 2026.
Organisée dans la foulée des élections législatives et communales de janvier 2026, la présidentielle béninoise s'est tenue hier dimanche 12 avril 2026. Pour la première fois depuis dix ans, les électeurs béninois s'apprêtent, à travers ce vote, à choisir un président sans Patrice Talon sur la ligne de départ. Le chef de l'Etat sortant, élu en 2016 puis réélu en 2021, achève ses deux mandats et quitte le pouvoir conformément à la Constitution béninoise.
Entre héritage économique revendiqué par le pouvoir, critiques sur le rétrécissement de l'espace politique et attentes sociales croissantes, le scrutin apparaît comme un moment charnière pour la démocratie béninoise et un signal observé bien au-delà de ses frontières. Le successeur de Patrice Talon aura sur son bureau dix ans de réformes menées à marche forcée par son prédécesseur. Entre craintes de forte abstention et opposition fragilisée, l'enjeu dépasse le simple duel entre candidats ayant le vent en poupe.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
De nombreux observateurs de l'Union européenne (UE), de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sont actuellement déployés en mission d'observation. Leur rôle vise à surveiller, afin de garantir la transparence, la crédibilité et la conformité des scrutins aux normes démocratiques. Ces missions d'observations évaluent également tout le processus (pré-électoral, vote, dépouillement) pour prévenir les conflits, assurer la paix et fournir des recommandations pour améliorer les futurs processus électoraux.
Soutenu par les deux principaux partis de la majorité et adoubé par le Président sortant Patrice Talon, le ministre des Finances, Romuald Wadagni, affronte dans ce duel Paul Hounkpè, un opposant dont la campagne a été très discrète et qui a eu besoin de l'aide d'élus de la majorité pour obtenir les parrainages requis pour se présenter.
Le principal parti d'opposition, « Les Démocrates », n'a pas réussi à obtenir le nombre de parrainages nécessaires. Les dernières semaines précédant le scrutin, plusieurs cadres des Démocrates ont rejoint la campagne du candidat favori Romuald Wadagni. Le nouveau président de la République du Bénin aura un mandat de sept ans et non cinq, comme le consacre la réforme constitutionnelle adoptée en 2025.