Après treize mois d'interdiction d'exercer, le spécialiste en chirurgie plastique et microchirurgie reconstructive, Nishan Moheeputh, pourra entamer les démarches en vue de reprendre ses activités médicales. Cette décision fait suite aux conclusions du tribunal disciplinaire médical, présidé par la juge de la Cour suprême Gaitree Jugessur-Manna, assistée de deux assesseurs médicaux. Le praticien était représenté lors des procédures par Me Assad Peeroo.
Ce tribunal avait été constitué afin de faire toute la lumière sur les circonstances entourant le décès tragique de la magistrate Varsha Devi Biefun-Doorga. L'affaire remonte à une intervention de liposuccion pratiquée le 19 juillet 2023 dans une clinique privée du Nord. Lors de l'opération, la patiente, alors âgée de 43 ans, aurait subi une perforation intestinale. Son état s'est ensuite détérioré, entraînant de graves complications postopératoires qui ont finalement conduit à son décès.
À la suite de ce drame, une procédure disciplinaire avait été engagée. Le médecin avait été reconnu coupable de négligence médicale grave, ce qui avait conduit à sa suspension. Après treize mois, cette sanction a été levée et remplacée par une sévère réprimande, conformément aux dispositions légales en vigueur. Le Medical Council a expliqué avoir pris en considération la durée de suspension déjà purgée ainsi que les limites prévues par le cadre légal. Il a néanmoins rappelé que la culpabilité pour négligence médicale grave reste établie.
La décision ne signifie toutefois pas une reprise immédiate. Le praticien devra compléter les démarches administratives nécessaires avant de pouvoir exercer à nouveau. Cette étape pourrait encore prendre du temps, le délai que les formalités soient finalisées auprès des autorités compétentes.
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Du côté de la famille de la défunte, la décision est difficile à accepter. Sa mère, Nalini Biefun, se dit profondément bouleversée. Elle rappelle que sa fille a laissé derrière elle deux enfants en bas âge et que la famille vit toujours avec les conséquences de cette perte. «Aujourd'hui, c'est moi qui dois m'occuper des enfants avec ma pension. Ce n'est pas facile. Ma fille avait une situation stable, elle faisait tout pour eux. Ils n'ont plus leur mère», confie-t-elle avec émotion.
Elle décrit également le vide laissé par la disparition de sa fille : «J'ai perdu mon poteau. C'est comme si ma colonne vertébrale avait disparu. Elle faisait tout pour moi. La perdre a été un choc terrible.» Pour elle, la décision de lever la suspension ravive la douleur et laisse un sentiment d'injustice. «Il y a eu une mort. Deux enfants grandissent sans leur mère. J'espère que la justice fera son travail», insiste-t-elle.