Afrique: Nouvelle architecture financière africaine pour le développement - Le continent sur la voie de sa souveraineté financière

analyse

Le Dialogue consultatif sur la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), organisé sous l'égide du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le jeudi 9 avril 2026, dans la capitale ivoirienne, a été sanctionné par l'adoption du « Consensus d'Abidjan », qui marque un pas de franchi vers l'opérationnalisation de ce nouvel instrument au service de la souveraineté financière du continent.

L'Afrique est plus que jamais engagée pour la conquête de sa souveraineté financière. L'adoption du « Consensus d'Abidjan », à l'issue du premier Dialogue consultatif sur la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), tenue le 9 avril 2026, dans la capitale ivoirienne, à l'initiative du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), s'inscrit dans cette dynamique.

Pour le président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, il est temps pour le continent de sortir des modèles, qui, jusque-là ne lui ont pas permis de mobiliser les ressources nécessaires pour assurer le financement optimal de son développement, et de se doter de ses propres instruments financiers en cohérence avec ses réalités. Il est donc impératif de mettre fin au paradoxe d'une Afrique riche et pauvre.

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« Notre continent dispose de capitaux, de liquidités, et d'opportunités bancables ; mais trop souvent, les capitaux ne sont pas acheminés là où ils sont les plus attendus et les plus utiles, ni avec l'ampleur, ni avec la rapidité, ni avec l'accessibilité requises. Nous sommes donc confrontés à un paradoxe ; l'Afrique fait face à un besoin de financement estimé à 400 milliards de dollars par an. Et pourtant, notre continent détient également près de 4 000 milliards de dollars d'épargne intérieure », a souligné Dr Sidi Ould Tah.

Le Consensus d'Abidjan qui se veut un cadre continental partagé destiné à réorganiser la manière dont le capital et le risque sont mobilisés, structurés et déployés dans l'écosystème financier africain, vise à apporter une réponse structurelle et durable à déficit de financement de l'Afrique. Pour souligner que ce nouveau dispositif est intimement lié au développement du continent, les participants à ce Dialogue de haut niveau ont acté le passage de la NAFA à la NAFAD (Nouvelle architecture financière africaine pour le développement).

C'est pourquoi, l'engagement a été pris d'inscrire la création d'emplois, l'entrepreneuriat des jeunes et l'autonomisation économique des femmes, des priorités stratégiques transformatrices du continent comme les systèmes alimentaires et les chaînes de valeurs agricoles, l'accès à l'énergie et la transition énergétique, les infrastructures régionales et la connectivité, le développement industriel et la création de valeur ajoutée, la santé, l'éducation et la transformation numérique, au coeur de cette architecture financière.

Intégrer et approfondir les marchés financiers africains

La nécessité de libérer l'importante épargne intérieure africaine et de l'orienter systématiquement vers des investissements productifs sur le continent, grâce à des instruments coordonnés, des mécanismes de rehaussement du crédit et des infrastructures de marché, ainsi que l'approfondissement et l'intégration des marchés de capitaux africains, à travers l'harmonisation des cadres réglementaires, l'admission transfrontalière aux marchés, des instruments en monnaie locale et des plateformes de titrisation, afin d'optimiser la mobilisation de l'épargne endogène, font partie des engagements de cette rencontre.

Les participants ont également souligné l'intérêt pour l'Afrique de se doter d'« une architecture continentale robuste de partage des risques et de garantie qui abaisse le coût du capital pour les emprunteurs africains, attire des investissements privés et institutionnels à grande échelle, et réduit la dépendance structurelle de l'Afrique à l'égard de la perception extérieure du risque ».

Tirant leçons des modèles fragmentés de mobilisation des ressources sur le continent, il est également convenu de mettre en place une architecture de coordination permanente qui maintienne la dynamique au-delà de ce Dialogue, en impliquant gouvernements, banques centrales et régulateurs en tant que partenaires actifs de la NAFAD, et en clarifiant les rôles institutionnels. Dans le même élan, les partenaires internationaux, institutions multilatérales et investisseurs internationaux sont appelés à jouer leur partition, en soutenant la NAFAD, pour ainsi contribuer à renforcer la souveraineté du continent et à bâtir un système financier mondial plus équitable.

Dans le processus d'opérationnalisation de ce Consensus, il est demandé à la BAD, en concertation avec les parties prenantes, de faciliter le suivi, en convoquant des revues périodiques et en rendant compte des progrès accomplis. Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a salué la tenue de ce Dialogue qui offre l'opportunité d'approfondir la réflexion collective sur les réformes nécessaires pour un système financier international plus juste et plus adapté aux réalités du monde contemporain.

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