Neuvième round de négociations en Suisse entre l'AFC/M23 et le gouvernement congolais. Ainsi qu'annoncé par RFI, les travaux ont débuté le 13 avril. Jusque lundi soir, le lieu était tenu secret, pour la sérénité des travaux, mais aussi pour la sécurité des délégués, indiquent plusieurs sources. Les autorités suisses n'ont pas communiqué sur ces négociations, mais elles sont à la manoeuvre pour ces discussions qui se tiennent aux alentours de la ville de Montreux.
C'est un premier jour un peu laborieux en Suisse, mais avec des présences remarquées : un temps annoncé en visioconférence, le délégué du Qatar était bel et bien présent, modérant la session aux côtés de l'émissaire américain Massad Boulos, qui a lui aussi fait le déplacement.
Un délégué de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) participait également, comme observateur.
Points de friction
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Sur le fond, plusieurs points de friction dès l'ouverture, souligne notre envoyé spécial à Genève, Patient Ligodi. D'abord, l'agenda des travaux. Selon les informations de RFI, il a été contesté par certains délégués, qui auraient souhaité participer à son élaboration.
Autre point sensible, la validation des mandats des participants. L'AFC/M23, par exemple, se présentait avec six délégués et six autres experts, et il n'a pas été facile de faire accepter l'ensemble de cette délégation dans les travaux.
Ensuite, il y a eu l'évaluation du chemin parcouru : pourquoi les deux protocoles déjà signés par les deux parties, sur la libération des prisonniers et surtout sur le cessez-le-feu, ne sont-ils toujours pas appliqués ?
Les travaux se sont poursuivis jusque tard dans la soirée, avec des sessions en aparté.
Amélioration de l'accès humanitaire
Dans les jours qui suivent, les médiateurs vont tenter d'obtenir des délégués la signature d'un autre protocole, mais surtout une amélioration de l'accès humanitaire et, éventuellement, l'ouverture aux vols humanitaires des aéroports de Goma, dans la province du Nord-Kivu, et de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, confie une source diplomatique.
L'est congolais, riche en ressources naturelles et frontalier du Rwanda, est en proie depuis 30 ans à des violences. Plusieurs cessez-le-feu et trêves ont été signés depuis fin 2021 et la résurgence dans la région du groupe armé M23 soutenu par le Rwanda.
Début 2025, l'AFC/M23 et ses alliés se sont emparés coup sur coup des grandes villes de Goma et Bukavu au terme d'une offensive.
Deux accords ont été signés depuis : une déclaration de principes, à Doha, par l'AFC/M23 et le gouvernement de Kinshasa, définissant des engagements pour un cessez-le-feu, et un accord « pour la paix et la prospérité », entériné en décembre à Washington par la RDC et le Rwanda. Jusqu'ici, ces deux textes n'ont pas mis fin aux affrontements.