Au Soudan du Sud, la ville d'Akobo est tombée à nouveau sous le contrôle de l'opposition, après un mois aux mains des forces gouvernementales. C'est donc un dur revers pour les forces du président Salva Kiir, évincées en moins d'un jour d'Akobo par les forces du vice-président suspendu et incarcéré Riek Machar avec l'aide d'une milice locale.
Jusqu'en milieu d'après-midi, aucune annonce officielle n'avait encore été faite par le mouvement de Riek Machar, le SPLA-IO. Mais les réseaux sociaux sud-soudanais se remplissaient déjà depuis des heures de contenus montrant le basculement d'Akobo du côté de l'opposition. Des centaines de jeunes en arme, chantant et dansant, se pavanaient dans les rues de la ville, et de véritables célébrations semblaient avoir lieu.
Dans un communiqué, le porte-parole du SPLA-IO, le colonel Lam Paul Gabriel, a finalement affirmé avoir infligé « des pertes lourdes au régime », et donné une liste de véhicules militaires saisis. L'attaque a selon lui commencé à 5h30 du matin ce lundi, et n'a « duré que cinquante minutes avant qu'Akobo ne finisse par tomber ».
Revers pour l'armée
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L'armée sud-soudanaise n'a pas encore réagi, mais la reprise d'Akobo par l'opposition est un échec cuisant pour le SPLM de Salva Kiir. Il y a une semaine, le gouverneur de l'État du Jonglei, Riek Gai Kok, s'était rendu à Akobo avec la cheffe de la Mission des Nations-Unies au Soudan du Sud dans la région, promettant stabilité et retour des services de base pour la population. Les autorités gouvernementales appelaient la population et les ONG à revenir. La Minuss avait dans la foulée annoncée la fermeture de sa base à Akobo, du fait de coupes budgétaires.
