Au Gabon, tempête à la mairie de Libreville : le 9 avril, les conseillers municipaux ont mis le maire en minorité. Ils ont rejeté le projet de budget qu'il venait de soumettre à leur vote. Certains n'ont d'ailleurs pas hésité à appeler à sa démission. Ce rejet suscite le débat parce que l'Union démocratique des bâtisseurs (UDB) est majoritaire au sein du conseil municipal. Une affaire qui tombe mal alors que le président du parti, Brice Clotaire Oligui Nguema, célèbre le premier anniversaire de son élection au sommet de l'État.
Le maire de la capitale du Gabon, Pierre Matthieu Obame Etoughe, a présenté un budget de 30 milliards de francs CFA, environ 45,7 millions d'euros, en augmentation de 5 milliards (7,6 millions d'euros) par rapport à l'exercice précédent.
Les conseillers municipaux ont unanimement rejeté ce budget qu'ils jugent non « sincère », non « réaliste » et surtout « fantomatique ». Motif : le maire a explosé les dépenses de fonctionnement, estiment-t-il. Des bruits de couloir évoquent des nominations pléthoriques au cabinet du maire et un flou sur certaines recettes.
Trois maires destitués ces cinq dernières années
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Des proches du maire expliquent que l'augmentation du budget de fonctionnement est relative à la programmation de certaines dépenses sociales et avantages dus au personnel qui n'ont jamais été versés. Il y a aussi les cotisations pour la retraite. Des explications qui n'ont pas réussi à faire baisser la tension, plusieurs conseillers demandent la démission du maire.
Le poste de maire de Libreville procure à son occupant un grand prestige et d'énormes avantages. Ces cinq dernières années, trois maires ont été destitués pour des luttes d'intérêts dont un, sous Oligui Nguema, pendant la transition.