Sénégal: Agnam/Préoccupés par la proximité du site des zones résidentielles - Des habitants s'opposent fermement à l'exploitation des phosphates de Thilogne

Le projet visant la prospection et l'exploitation des réserves de phosphate de Thilogne, estimées à plus de 4,5 millions de tonnes et incluant la commune des Agnam, connaît des complications. Des habitants, préoccupés par la proximité du site d'exploitation par rapport aux zones résidentielles, s'opposent fermement à sa mise en oeuvre.

Dans la commune des Agnam, des habitants maintiennent fermement leur opposition à l'exploitation de phosphates sur leurs terres, considérée comme une menace en raison de sa proximité avec les zones résidentielles.

Même après la décision de la société d'exploitation de déplacer la mine à « une distance de 3 kilomètres des habitations, champs et pâturages », des locaux refusent catégoriquement toute forme d'exploitation à cause « des nombreux risques », qu'elle présente. Une attitude qui contraste de loin avec les attentes de la société d'exploitation qui s'attendait, comme le déclare l'un des sociétaires du projet, à une reprise des activités qui étaient bloquées à cause du contentieux.

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« A la suite des revendications autour de la proximité avec les habitations, la société a convenu de délocaliser le site d'exploitation vers 3 kilomètres dans le Diéri (hautes terres), loin des habitations, des champs et des pâturages, pour endiguer tout prétexte de proximité », selon M. Bousso, un homme d'affaire, figure active du projet.

Malgré tout, les contestataires sont restés figés sur la non approbation de l'exploitation du phosphate, suscitant ainsi un énième blocage autour des activités, malgré la rencontre initiée par le sous-préfet avec les différentes parties prenantes.

Dans le différend en cours, les autorités municipales de la commune des Agnam sont accusées de manquer de bonne foi, une allégation vigoureusement contestée par Abdoul Aziz Diop, adjoint au maire Farba Ngom.

Selon lui, les objections ne proviennent pas du Conseil municipal, mais des habitants eux-mêmes, qui s'opposent fermement à l'exploitation du projet en question. Il souligne par ailleurs que la situation est d'autant plus préoccupante que le site de phosphate se situe au coeur des villages de Agnam Thiodaye, Agnam Ouro Ciré et Agnam Civol, à proximité immédiate des populations. « Tout le monde sait que cette exploitation comporte de nombreux risques », a-t-il tenu à rappeler.

Lors de la réunion tenue en présence du sous-préfet, du commandant de Brigade, de la Direction des Mines, des représentants d'AMA Afrique et de tous les chefs de village de la commune des Agnam, les populations ont maintenu leur position initiale.

« Depuis le début, leur réponse reste inchangée : un refus catégorique de cette exploitation. Elles ont une fois de plus réaffirmé leur opposition. Face à cette situation, afin d'éviter tout affrontement, et un bain de sang, nous adressons un appel solennel aux autorités pour qu'une solution soit rapidement trouvée à ce problème. Nous resterons fermes dans la défense de nos intérêts », a déclaré l'adjoint au maire des Agnam.

Le projet d'exploitation des phosphates de l'arrondissement de Thilogne qui inclut la commune des Agnam est né d'une convention entre l'État du Sénégal et la société Ama Afrique titulaire d'un permis datant de 2015 pour la prospection et l'exploitation des réserves de phosphate de Thilogne, estimées à plus de 4,5 millions de tonnes.

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