Afrique Centrale: Cémac - Des réformes accélérées pour restaurer la stabilité économique et financière

Les membres du Comité de pilotage du Programme des réformes économiques et financières, réunis le 8 avril à N'Djamena, au Tchad, ont dressé un bilan contrasté de la mise en oeuvre des réformes engagées depuis le sommet de Brazzaville. Ils en appellent à une accélération des mesures clés pour consolider les équilibres macroéconomiques de la sous-région.

La sixième session extraordinaire du Comité de pilotage du Programme des réformes économiques et financières de la Communauté économique et monétaire des États de l'Afrique centrale (Préf-Cémac) a été dominée par la question de l'accélération des réformes jugées essentielles à la stabilité économique de la sous-région. Sous la présidence du ministre congolais des Finances, Christian Yoka, les responsables des institutions communautaires ont examiné le rapport du premier trimestre 2026, consacré au suivi des dix mesures prioritaires adoptées lors du Sommet extraordinaire de la Cémac du 22 janvier dernier.

Si des progrès ont été enregistrés, notamment grâce au renforcement de la coopération avec le Fonds monétaire international et aux efforts de modernisation des finances publiques, le rythme d'exécution reste jugé insuffisant. Les disparités entre États membres, les lenteurs administratives et les contraintes structurelles continuent de freiner l'élan des réformes. Le Comité de pilotage a donc insisté sur l'accélération de la digitalisation des finances publiques, avec la mise en oeuvre effective du Compte unique du Trésor, considéré comme un levier majeur de transparence et de maîtrise des ressources publiques.

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Un autre axe majeur de la réforme concerne la réduction de la dette publique. Les États sont appelés à intensifier les plans d'apurement de la dette intérieure afin de restaurer des marges budgétaires et renforcer la soutenabilité des finances publiques. Dans cette optique, la migration vers le format Manuel de statistiques de finances publiques 2014 du Tableau des opérations financières de l'État devra être finalisée pour améliorer la lisibilité et la comparabilité des données budgétaires à l'échelle régionale.

La question du rapatriement des devises issues des exportations, en particulier dans le secteur extractif, a également occupé une place centrale. Le Comité recommande l'application stricte de sanctions en cas de non-respect des règles, signe d'une volonté de renforcer les réserves de change, fragilisées ces dernières années. D'après le comité de pilotage du Préf-Cémac, ces réformes visent à limiter les risques systémiques. Les autorités entendent encadrer davantage l'exposition des banques aux titres publics, tout en accélérant le traitement des établissements fragiles, notamment ceux à capitaux publics. En parallèle, un projet de l'élaboration d'une loi bancaire unique devra être initié pour harmoniser et renforcer la supervision à l'échelle communautaire, sous l'égide de la Banque des États de l'Afrique centrale et de la Commission bancaire de l'Afrique centrale.

Enfin, les États sont invités à finaliser les négociations relatives au rapatriement des fonds de restauration des sites pétroliers, un enjeu financier important pour plusieurs économies de la région.

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