Madagascar: Trop tard

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Non, ce n'est pas trop tard. Il n'est jamais trop tard pour bien faire et libérer les trottoirs. Mais quel combat. La CUA a dû recourir à la manière forte après l'échec des négociations et le refus catégorique des gargotiers et des tenants de cash points ou d'épiceries de quitter un côté des trottoirs d'Ankorondrano qui mène au village des Jeux de la Francophonie. Le laisser-aller, le laisser-faire ont fait qu'ils se sont installés petit à petit, en commençant par des meubles démontables.

Au fil des années, et voyant que même la visite du président rwandais, Paul Kagame, en 2019 ne les a pas inquiétés, leurs échoppes se sont étoffées au fur et à mesure que le temps passe et que l'anarchie gangrène le quotidien de la population de la capitale. Ils ont occupé la totalité du trottoir, obligeant les piétons à descendre sur la chaussée, devenue ipso facto un parking. Une situation qui crée un bouchon désagréable, surtout le soir et en particulier le vendredi. L'endroit est devenu la place de prédilection des jeunes pour tromper la nuit et l'ennui, et pour bien sentir la fièvre du samedi matin.

Impossible de circuler. On met une demi-heure pour passer du commissariat de police au Sunny Hôtel. Comme d'habitude, les hors-la-loi avancent qu'ils sont là depuis trente ans et qu'ils ont des titres, après avoir fait une prescription acquisitive du trottoir. On attendait une mesure d'assainissement de la part de la CUA. Il y en avait, mais elle était insuffisante. La population du trottoir devait dégager l'endroit seulement le week-end.

On a fini par perdre espoir, surtout quand la capitale n'avait ni maire ni PDS depuis plusieurs semaines. On craignait même le pire dans la gestion de la ville à propos de la propreté, de la sécurité, de la circulation, de la gestion des marchés. Puis la belle surprise est venue. La mairesse par intérim semble ne pas faire dans la dentelle.

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Elle gère plutôt bien les choses, même si les ordures commencent à s'entasser un peu partout. Mais on sent qu'il y a quelqu'un qui essaie de faire bouger les choses. Elle s'occupe des sans-abri qui dorment un peu partout sous les tunnels, les arcades et là où ils ne doivent pas le faire. On sait qu'ils sont indécrottables et reviennent toujours à leur chère patrie après un séjour royal dans un centre d'accueil. Cette fois, les autorités communales n'entendent pas se laisser faire.

C'est une œuvre de longue haleine et chaque décision se heurte à un clientélisme politique, à une apologie de l'assistanat, à l'entretien de la mendicité. Mais c'est le premier pas qui coûte. Ce serait bien d'enlever les kiosques qui occupent le trottoir à Anosy, à proximité de l'Instat et devant l'ancien siège de la RNM. Ils cassent totalement la vue depuis le sommet du Carlton et donnent une image de désordre, une silhouette de l'anarchie à cet endroit autrefois magnifique. C'est le voeu que l'on forme en cette période de Refondation. Dieu sait si la capitale en a grandement besoin. On croise les doigts.

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