Installée à Saint-Louis, Aminata Gaye Mbengue, autrice de Nianthio et la lumière fut, revient sur son parcours, son déclic après un deuil douloureux et l'inspiration puisée dans la figure de Sadio Mané. Entre introspection et hommage, elle signe un premier roman traversé par la quête de sens et de lumière.
Aminata Gaye Mbengue fait une entrée remarquée dans le paysage littéraire avec Nianthio et la lumière fut, publié en 2025 aux éditions Le Fil d'Ariane.
« Je suis l'auteur de Nianthio et la lumière feu, mon premier ouvrage », confie-t-elle, évoquant avec émotion cette première aventure éditoriale. Avant de se consacrer à l'écriture, Aminata Gaye Mbengue suit un parcours académique en droit des affaires, entamé au Maroc après l'obtention de son baccalauréat avec mention.
« Je suis restée jusqu'à l'obtention de mon master en droit des affaires en 2013 », précise-t-elle. De retour au Sénégal, elle multiplie les expériences professionnelles, notamment dans les assurances et les centres d'appel : « J'ai intégré pas mal d'entreprises, notamment dans le domaine des assurances, mais j'ai fait aussi beaucoup de centres d'appel. »
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Aujourd'hui, elle travaille dans l'immobilier aux côtés de sa soeur, un cadre qui lui permet de consacrer davantage de temps à l'écriture. Une aventure dans laquelle elle se lance suite à un événement tragique qui agit comme déclencheur. « Quand ma mère est décédée en 2021, j'ai senti ce besoin urgent d'évacuer, d'extraire la douleur », raconte-t-elle.
Dans cette quête de résilience, l'écriture devient un refuge : « Écrire, c'est hurler en silence », rappelle-t-elle en citant Marguerite Duras. « Les humains n'ont pas la patience de t'écouter. L'écriture, elle, est toujours là ». Son roman s'inscrit ainsi dans une démarche thérapeutique, où la plume permet de transformer la douleur en récit.
Le choix du titre « Nianthio et la lumière fut n'est pas anodin. Initialement intitulé Le Nianthio béni d'Afrique, l'ouvrage évolue grâce aux conseils de son père. « Il fallait mettre cette notion de lumière pour donner espoir à ceux qui portent des absences en eux », explique-t-elle.Le contraste visuel du noir et du doré sur la couverture traduit cette dualité .« Le noir symbolise le deuilet le doré symbolise l'espoir », explique-t-elle les yeux pétillants.
Sadio Mané, source d'inspiration et figure symbolique
Au coeur du récit, la figure de Sadio Mané occupe une place centrale. Pour l'autrice, il dépasse le simple statut de sportif : « Sadio, c'est une source de motivation, une référence ». Elle voit en lui un symbole collectif : « Écrire sur Sadio, c'est écrire sur le continent ». Son parcours devient ainsi matière littéraire, mais aussi levier d'inspiration personnelle.
La temporalité joue également un rôle fort : « Maman est décédée trois mois avant notre premier trophée [...] il m'a inspirée », confie Aminata Gaye Mbengue, tissant un lien intime entre deuil personnel et fierté nationale.
Dans le cadre de ses recherches, l'autrice se rend à Bambali en 2022, village natal du joueur. Malgré une coïncidence malheureuse, à savoir la blessure de Sadio Mané à la veille de leur départ, l'expérience reste marquante. « On a rencontré sa maman, l'imam et son oncle. Ils ont beaucoup prié pour nous pour ce projet », se souvient-elle, évoquant un voyage riche humainement.
Pour Aminata Gaye Mbengue, ce premier roman n'est qu'un début. « L'appétit vient en mangeant », lance-t-elle avec enthousiasme, annonçant déjà de futurs projets, dont une possible suite. Elle envisage également d'élargir ses thématiques, tout en restant fidèle à sa passion pour le sport et les figures inspirantes.
À travers Nianthio et la lumière fut, Aminata Gaye Mbengue livre bien plus qu'un récit, mais une traversée intime, où la douleur se mue en lumière, et où la littérature devient un espace de reconstruction et d'espoir.