Tunisie: Boycott du mouton de l'Aïd - Une menace pour les petits éleveurs

14 Avril 2026

Cette année, l'Aïd el Idha risque à nouveau de peser sur le budget des ménages. Le prix du mouton de sacrifice devrait connaître une nouvelle hausse, avec une augmentation moyenne estimée à une centaine de dinars par rapport à l'année dernière. En l'occurrence, un mouton qui coûtait en moyenne 1500 dinars, sera écoulé, cette année, à 1600 dinars dans les différents espaces consacrés à la vente des moutons de sacrifice.

Cette flambée des prix s'explique principalement par deux facteurs déterminants : le prix actuel du kilogramme de viande, qui avoisine les 60 dinars, et le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande qui n'a fait que s'accentuer ces dernières années. Il suffit que la demande dépasse l'offre pour que les prix soient automatiquement revus à la hausse.

Or cette situation, qui est devenue récurrente ces dernières années, s'explique par une baisse notable du cheptel ovin, liée notamment aux difficultés croissantes rencontrées par les petits éleveurs. Ces derniers font face à des coûts de production de plus en plus élevés, résultant notamment du renchérissement de l'alimentation animale (prix élevé des fourrages....) qui représente près de 60% des frais d'élevage et dont la hausse est due à la rareté des fourrages et l'augmentation des prix des concentrés (orge, son).

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À ces contraintes économiques sont venus s'ajouter des facteurs climatiques défavorables. Le cheptel ovin a, en effet, régressé ces dernières années suite à plusieurs années de sécheresse consécutives qui ont sévi dans le pays- et qui ont entrainé une crise dans le secteur de l'élevage ovin.

La convergence de ces facteurs a, ainsi, alimenté une hausse continue des prix du mouton, année après année, accentuant la pression sur le pouvoir d'achat des Tunisiens. Dans ce contexte de cherté jugée excessive, des voix issues de la société civile ont appelé au boycott de l'achat du mouton de sacrifice.

Or, une telle initiative, si elle venait à être suivie, pourrait toutefois générer des répercussions désastreuses car elle ne ferait que fragiliser davantage des petits éleveurs, déjà lourdement endettés, et pour qui la vente annuelle du cheptel constitue souvent la principale, voire l'unique, source de revenus. Les priver de cette ressource reviendrait à compromettre la survie de milliers de familles et à accélérer le déclin du cheptel ovin national.

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