Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, lève le voile sur l'engagement diplomatique de Lomé au Sahel. Il revient sur le bilan de la première 'Stratégie pour le Sahel' (2021-2025) et annonce l'élaboration d'une nouvelle approche, rendue nécessaire par les profondes mutations géopolitiques de la région.
Pour le Togo, l'engagement n'est pas un choix conjoncturel mais une conviction profonde. "Les menaces sécuritaires du Sahel ne s'arrêtent pas aux frontières sahéliennes", martèle le ministre, rappelant que sous l'impulsion du président du Conseil Faure Gnassingbé, Lomé a très tôt compris que l'instabilité sahélienne menaçait directement les pays côtiers.
La première stratégie, articulée autour de quatre piliers coopération régionale, diplomatie préventive, soutien aux transitions démocratiques et gouvernance inclusive - a porté ses fruits. Le Togo a joué un rôle décisif dans la libération des soldats ivoiriens détenus au Mali en janvier 2023, accompagné la transition burkinabè et prôné le dialogue lors de la crise nigérienne de juillet 2023.
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La sortie du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao et la création de l'Alliance des États du Sahel (AES) ont profondément reconfiguré l'échiquier régional. Face à ces bouleversements, le Togo a jugé indispensable de repenser son approche avec une nouvelle stratégie intégrant ces nouvelles réalités géopolitiques.
La ligne diplomatique togolaise est claire : "Coopérer sans dépendre, dialoguer sans renoncer à notre souveraineté". Entre partenaires traditionnels et nouveaux acteurs régionaux, le Togo entend rester ce qu'il a toujours été, un médiateur crédible, indépendant et respecté, capable de bâtir des ponts là où d'autres dressent des murs.