Soudan: Il y a trois ans débutait la guerre civile au pays

Trois ans après, les combats font toujours rage dans plusieurs régions du pays, causant des milliers de morts, de déplacés et de réfugiés dans les pays voisins.

Faim, déplacements de populations, violences ethniques : la guerre civile du Soudan entre dans sa quatrième année. Une guerre qui oppose l'armée gouvernementale aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Les experts sont pessimistes quant à une fin rapide des combats.

À l'occasion du troisième anniversaire du début de cette guerre, le gouvernement allemand accueille ce mercredi, une conférence internationale à Berlin.

Au programme : une analyse des causes du conflit, ses conséquences humanitaires et les perspectives de paix.

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Une guerre sous le radar

Cette rencontre diplomatique, initiée par l'Allemagne en coopération avec la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Union européenne et l'Union africaine, vise notamment à relancer les efforts internationaux afin de mettre fin aux hostilités.

Malgré les dizaines de milliers de morts qu'elle a fait depuis avril 2023, cette guerre "n'est pas très souvent sous les projecteurs", a déploré le chancelier allemand, Friedrich Merz :

"La paix et la sécurité sont étroitement liées en Europe et en Afrique. Cela vaut également pour la plus grande crise humanitaire de notre époque, qui n'occupe que rarement le devant de la scène dans notre opinion publique. Il s'agit de la crise au Soudan. Plus de 20 millions de personnes y souffrent actuellement de la faim. Cela représente près de la moitié de la population du pays", a rappelé Friedrich Merz.

"L'Allemagne figure parmi les principaux donateurs d'aide humanitaire ; c'est pourquoi nous soutenons également tous les efforts déployés par les États-Unis, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Égypte en vue d'un cessez-le-feu dans cette région."

Un geste apprécié par le président de la commission de l'Union Africaine :

"Alors que le monde entier a les yeux rivés sur l'Iran, l'Ukraine et d'autres régions, je pense qu'il est très appréciable que l'Allemagne mette ce sujet à l'ordre du jour afin que nous ne perdions pas de vue les souffrances du peuple soudanais", a déclaré Mahamoud Ali Youssouf.

L'ombre des puissances régionales

La réunion de Berlin doit rassembler des ministres des Affaires étrangères, ainsi que des représentants des Nations unies, d'organisations humanitaires et de la société civile soudanaise. Outre le président de la commission de l'Union africaine, plusieurs pays de la région sont également représentés : Égypte, Djibouti, Éthiopie ou encore Tchad au niveau ministériel. Cependant, les belligérants ou leurs représentants n'ont pas été conviés à la rencontre.

La guerre civile au Soudan oppose donc l'armée loyaliste dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire sous la conduite du général Mohamed Hamdan Dagalo, alias "Hemeti". Les deux hommes étaient alliés avant l'éclatement des combats. Preuve de leur proximité, c'est ensemble qu'ils ont renversé le 25 octobre 2021, le gouvernement de transition dirigé à l'époque par le Premier ministre civil, Abdallah Hamdok. Un gouvernement mis en place deux ans plus tôt après la destitution du président Omar el-Béchir.

Des puissances régionales sont également impliquées dans le conflit, ce qui complique sa résolution. Les Émirats arabes unis sont accusés de fournir des armes aux paramilitaires en passant par l'aéroport d'Amdjarass dans l'est du Tchad. Des accusations que N'Djaména a toujours réfuté et à l'origine de tensions récurrentes entre le Tchad et le Soudan. D'autres pays comme la Libye, la Turquie, l'Egypte, l'Iran, la Russie ou encore le Kenya et l'Éthiopie, sont également accusés de soutenir l'un ou l'autre belligérant.

Selon des estimations, environ 38 % de la population soudanaise vivaient dans la pauvreté avant le début du conflit en 2023. Aujourd'hui, ce chiffre atteint plus de 70 %. En 2026, au moins un quart de la population est considéré comme vivant avec moins de deux dollars par jour.

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