La Guinée franchit une nouvelle étape décisive dans sa transformation économique. La cérémonie officielle de lancement de la révision du code des investissements s'est tenue ce mardi à l'Hôtel Kaloum, marquant le début d'un chantier stratégique destiné à moderniser le cadre juridique et à renforcer l'attractivité économique du pays.
Portée par le ministère de l'Industrie et du Commerce, cette initiative s'inscrit dans une vision ambitieuse: orienter les investissements vers des secteurs à fort impact et améliorer durablement le climat des affaires.
Une réforme jugée structurante pour l'économie
Partenaire technique et financier du projet, ENABEL a salué une avancée majeure. Son représentant pays, Saï Kabari, a souligné l'importance de cette réforme pour l'avenir économique de la Guinée. «C'est avec un profond engagement que je prends la parole aujourd'hui (...) qui marque une réforme structurante pour l'avenir économique de la Guinée», a-t-il déclaré.
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Présente aux côtés des autorités guinéennes depuis 2016, l'institution belge accompagne les efforts de transformation structurelle de l'économie, notamment à travers le soutien à l'entrepreneuriat et au développement du secteur privé. Pour ENABEL, cette révision ouvre de nouvelles perspectives, notamment en matière de financement des petites et moyennes entreprises.
Le secteur privé en attente de mesures concrètes
De son côté, la Chambre de commerce, d'industrie et d'artisanat de Guinée (CCIAG) a insisté sur les enjeux pratiques de cette réforme. Son représentant, Éric Koné, a mis en avant la nécessité de bâtir une croissance «forte, inclusive et durable », fondée sur la diversification économique et la valorisation des ressources locales.
Le secteur privé attend notamment une simplification des procédures administratives, un allègement des contraintes opérationnelles et une meilleure coordination institutionnelle. «L'implication active (...) des organisations représentatives du secteur privé (...) constitue une condition essentielle de réussite», a-t-il plaidé, appelant à un processus participatif.
Vers un code des investissements de nouvelle génération
Pour la ministre de l'Industrie et du Commerce, cette réforme traduit une volonté politique claire au plus haut sommet de l'État. Elle s'inscrit dans la vision stratégique impulsée par le Président de la République. L'objectif est désormais explicite: attirer des investissements à forte valeur ajoutée. «Nous ne voulons plus simplement des investissements. Nous voulons des investissements qui transforment la Guinée», a-t-elle affirmé. Le futur code devrait ainsi privilégier les projets contribuant à la transformation locale, à l'industrialisation et à la création d'emplois durables. Chaque avantage accordé sera conditionné à son impact réel sur l'économie nationale.
Un levier pour capitaliser sur les grands projets structurants
Présidant la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah a rappelé le rôle central du secteur privé dans la création de richesses. Il a insisté sur la nécessité de créer un environnement favorable, tant pour les investisseurs nationaux qu'internationaux. Il a également évoqué les opportunités offertes par les grands projets en cours, notamment le développement du gisement de Simandou, considéré comme un catalyseur pour l'économie guinéenne. «Nous avons une opportunité exceptionnelle pour le développement d'un secteur privé performant», a-t-il indiqué.
Un appel à la responsabilité collective
En conclusion, le Chef du gouvernement a appelé à une mobilisation de tous les acteurs pour garantir le succès de cette réforme. «L'intérêt privé ne peut pas prospérer durablement lorsque l'intérêt collectif est sacrifié», a-t-il rappelé, avant de déclarer officiellement ouverte la révision du code des investissements. À travers cette initiative, les autorités guinéennes ambitionnent de renforcer l'attractivité du pays, promouvoir le contenu local et instaurer un cadre propice à une croissance durable, en phase avec les objectifs du programme national de transformation économique.