Sénégal: Le pays s'érige en bastion de la biotechnologie

15 Avril 2026

Une mission stratégique de l'Organisation mondiale de la santé (Oms) et du Medicines patent pool (Mpp) séjourne actuellement à Dakar pour consolider le transfert de la technologie à Arn messager (Arnm). Entre ambition industrielle et autonomie thérapeutique, le Sénégal se positionne comme le fer de lance d'une Afrique capable de produire ses propres vaccins et traitements de pointe.

RUFISQUE - «Permettre au Sénégal de développer, produire, réguler et distribuer, de manière autonome et durable, des vaccins et d'autres produits de santé à base d'Acide ribonucléique messager ou Arnm afin d'assurer un accès rapide et équitable et de renforcer la préparation face aux pandémies actuelles et futures», tel est l'objectif de la réunion du comité technique Arnm organisée hier, mardi 14 avril, au siège de l'Organisation mondiale de la santé (Oms) à Diamniadio.

Cette rencontre, portant sur la volonté de l'Oms de décentraliser la production de vaccins au Sénégal à travers un transfert de technologie de l'Arnm, a vu la participation des représentants de l'Organisation, du ministère de la Santé et de l'Institut Pasteur de Dakar.

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Le Sénégal tend à accélérer sa marche vers l'indépendance pharmaceutique face aux vulnérabilités décelées lors de la pandémie de Covid-19. Ainsi, les acteurs ont réaffirmé leur volonté de transformer l'Institut Pasteur de Dakar en un hub régional de production biotechnologique.

Selon le Dr Mor Diagne, du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique, la production de vaccins au Sénégal, à travers un transfert de technologie, est érigée en priorité nationale. «Le pays entre dans l'ère de la biotechnologie de précision en s'appuyant sur l'Intelligence artificielle (Ia) pour accélérer la recherche et le développement via la plateforme Arn messager», a-t-il souligné.

D'après M. Diagne, la santé d'un pays comme le Sénégal ne peut pas dépendre de la générosité et de la logistique d'autrui. «Ce transfert technologique permet au Sénégal de produire non seulement des vaccins essentiels, c'est-à-dire contre la fièvre jaune, la méningite et la rougeole, mais aussi des thérapies contre le paludisme et le cancer», a-t-il affirmé.

Le représentant pays de l'Oms au Sénégal, le Dr N'da Michel Yao Konan, a, lui, insisté sur la crédibilité de cette démarche. «Le Sénégal fait partie des 15 pays bénéficiaires de ce programme mondial visant à établir des capacités de production locales durables», a-t-il déclaré. Selon lui, l'objectif d'une telle mission est que «l'Afrique ait une autonomie dans la production de ces intrants afin de lutter contre les pandémies et même les épidémies ».

Au-delà de rassurer sur la garantie et la rigueur normative des vaccins qui seront produits, donc répondant aux standards internationaux (brevets et exigences de qualité), le Dr Yao promet un accompagnement du processus deproduits «made in Africa».

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