L'économie du pays a perdu de son élan au dernier trimestre de 2025, selon les analyses de CareEdge Ratings Africa, publiées le 9 avril. La croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) s'est ralentie à 2,7 % en glissement annuel, contre 3,3 % au trimestre précédent, traduisant un essoufflement progressif de l'activité.
Ce ralentissement, selon le rapport, s'explique principalement par une demande intérieure - consommation à l'intérieur du pays - plus faible, une baisse de l'investissement dans un contexte de coûts d'emprunt élevés, ainsi qu'un affaiblissement de la demande extérieure - exportations et tourisme. L'investissement recule pour le cinquième trimestre consécutif, notamment dans les machines et équipements, tandis que les projets immobiliers et de construction restent sous pression.
La consommation des ménages continue de soutenir la croissance, mais à un rythme plus modéré, tandis que les dépenses publiques exercent un effet négatif sur l'ensemble. À l'inverse, les exportations nettes apportent un soutien, portées par les services, notamment le tourisme et les services financiers.
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Le secteur de la construction illustre ce ralentissement, avec une croissance limitée à 1 %, contre 1,3 % précédemment. Le secteur est freiné par un manque de nouveaux projets, des retards d'exécution et un environnement de coûts élevés. Les prix des matériaux de construction ont d'ailleurs augmenté d'environ 5 % en 2025, tandis que les taux d'intérêt élevés continuent de peser sur l'investissement.
D'autres secteurs affichent des performances contrastées. Le tourisme et l'hôtellerie poursuivent leur progression, mais à un rythme moins soutenu. La finance et les technologies de l'information restent des moteurs importants de la croissance. Le commerce de détail s'améliore légèrement, soutenu par la consommation et le tourisme, alors que le secteur manufacturier progresse timidement, tout en restant confronté à des défis de compétitivité.
Pour 2025, la croissance économique est estimée à 3,2 %, un niveau inférieur à celui de 2024. Les perspectives pour 2026, selon le rapport, restent prudentes. Les premières projections tablaient sur une croissance de 3,4 %, mais les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont modifié l'environnement économique. Dans un scénario de base, la croissance pourrait se situer autour de 3 %, mais elle pourrait ralentir jusqu'à 2,3 % si les tensions persistent, en raison de la hausse des coûts de l'énergie, des perturbations logistiques et de l'impact sur des secteurs clés comme le tourisme et la construction.
Le secteur touristique montre déjà des signes de ralentissement. Après une forte progression en début d'année 2026, la croissance des arrivées touristiques a chuté à 1,3 % en mars. Ce recul s'explique notamment par des perturbations aériennes, la hausse des prix du carburant et les tensions géopolitiques qui affectent les coûts de transport.
Malgré ce ralentissement, les recettes touristiques restent solides, portées par une hausse des dépenses par visiteur. Les revenus du tourisme ont progressé de plus de 29 % en début d'année, confirmant une certaine résilience du secteur.
Sur le front des prix, l'inflation a ralenti à 2,7 % en mars 2026, contre 3,5 % en février. Cette baisse est principalement liée au ralentissement des prix alimentaires et de certains services. Toutefois, l'inflation sous-jacente reste élevée à 5,5 %, ce qui montre que les pressions sur les prix persistent.
Les perspectives d'inflation restent orientées à la hausse, en raison des tensions internationales et de la hausse des prix de l'énergie. La crise au Moyen-Orient a entraîné une augmentation du coût du pétrole, du gaz, du fret et de l'assurance maritime, ce qui se répercute sur l'ensemble des importations.
Dans le commerce extérieur, selon les données, le déficit s'est réduit, grâce à une hausse des exportations et une baisse des importations. Les exportations ont été soutenues par les produits alimentaires et les services, notamment vers les États-Unis et le Royaume-Uni. Les importations ont reculé, principalement en raison de la baisse des achats de véhicules et de carburants.
Cependant, les analyses indiquent que les perspectives restent fragiles. Les coûts d'importation devraient augmenter en raison des tensions sur l'énergie et du transport maritime, ce qui pourrait à nouveau peser sur le déficit commercial.