Afrique Centrale: Human Rights Watch dénonce des entraves à l'aide humanitaire et alerte sur une crise aggravée au Sud-Kivu

Les Forces armées de la RDC (FARDC) et plusieurs groupes armés opérant dans les hauts plateaux du Sud-Kivu entravent l'acheminement de l'aide humanitaire et empêchent les civils de fuir les zones de combat. C'est ce qu'a dénoncé l'ONG Human Rights Watch dans un communiqué publié ce mercredi 15 avril.

Selon l'organisation, les populations civiles de cette région enclavée de l'est du pays font face à une crise humanitaire aiguë, aggravée par les restrictions d'accès imposées par les parties belligérantes.

Un appel au Conseil de sécurité de l'ONU

À l'occasion de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation en RDC ce 15 avril, Human Rights Watch appelle à des mesures urgentes.

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L'ONG exhorte notamment les membres du Conseil à :

Garantir un accès sans entrave à l'aide humanitaire ;

Assurer le passage sécurisé des civils ;

Envisager des sanctions contre les commandants impliqués dans des abus.

Clémentine de Montjoye, chercheuse principale sur la région des Grands Lacs au sein de l'organisation, souligne dans le communiqué, la gravité de la situation : « les civils dans les hauts plateaux du Sud-Kivu vivent dans la peur d'exactions commises par toutes les parties au conflit. »

Une zone isolée et difficile d'accès

Dans ce document, Human Rights Watch rappelle que les Nations unies avaient il y a quelques jours, qualifié de « graves » les restrictions d'accès humanitaire dans cette zone qui couvre des parties des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira.

L'organisation note que la situation sécuritaire s'est détériorée depuis le retrait complet de la MONUSCO en juin 2024, conformément à un accord entre le gouvernement congolais et l'ONU.

Depuis, les affrontements se sont intensifiés, tandis que le manque d'infrastructures de télécommunications limite fortement la circulation de l'information, rendant difficile la documentation des abus.

Multiplication des frappes de drones

Human Rights Watch indique avoir reçu des informations crédibles sur au moins huit incidents impliquant des frappes de drones entre janvier et mars 2026 dans le Sud-Kivu, indiquant que les données du projet ACLED confirment une augmentation notable des frappes aériennes et de drones dans les hauts plateaux depuis novembre 2025.

Pour Human Rights Watch, ce conflit reste largement sous-médiatisé malgré ses conséquences humanitaires majeures. L'organisation appelle la communauté internationale à accorder davantage d'attention à cette crise, sous peine de voir la situation empirer davantage.

Plus de 2 millions de déplacés au Sud-Kivu

Le Sud-Kivu s'impose aujourd'hui comme la province la plus touchée par la crise des déplacés internes en République démocratique du Congo. Selon les dernières données rendues publiques il y a une dizaine de jours par le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), la province compte à elle seule environ 2,4 millions de personnes déplacées, soit la proportion la plus élevée du pays.

D'après Ocha, à l'échelle nationale, la RDC enregistre plus de 5,61 millions de déplacés internes. Parmi les 26 provinces, le Sud-Kivu concentre à lui seul près de 44 % de ces personnes, confirmant ainsi l'ampleur de la crise dans cette partie de l'Est du pays.

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