Centrafrique: Le mécontentement des agents électoraux inquiète à l'approche de plusieurs scrutins

En Centrafrique, de nouvelles tensions secouent l'Autorité nationale des élections (ANE). Le personnel de l'ANE menace de déclencher un mouvement de grève, dénonçant deux mois d'arriérés de salaires. Cette situation intervient à quelques jours d'une échéance électorale cruciale, le second tour des législatives et des régionales, couplé aux élections partielles, prévue le 26 avril prochain. Un blocage qui pourrait fortement perturber l'organisation de ces scrutins. Sur le terrain, observateurs et acteurs de la société civile expriment déjà leurs inquiétudes face au risque d'un éventuel report.

Selon plusieurs agents, les difficultés remontent au mois de février 2026. Depuis lors, le personnel travaille sans percevoir de salaire. Une situation devenue intenable pour de nombreux employés. Certains peinent à subvenir aux besoins de leur famille, tandis que d'autres voient leurs enfants exclus des établissements scolaires faute de paiement.

« Nous ne pouvons ni nourrir, ni soigner nos proches. Nous avons également des problèmes avec nos bailleurs », confie un agent, sous couvert d'anonymat.

« Si nous ne percevons pas nos salaires... »

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Au-delà des difficultés sociales, cette absence de rémunération affecte également le bon fonctionnement de l'institution.

À moins de dix jours du second tour des élections législatives partielles et régionales, la tension monte.

« Si nous ne percevons pas nos salaires, il sera difficile de tenir les élections », alerte un agent visiblement en colère.

Sur le terrain, le déploiement du matériel électoral se poursuit, grâce aux efforts conjoints du gouvernement et de la Mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca).

Mais une grande partie des cadres et agents de l'ANE refuse pour l'instant de se rendre dans les régions concernées par le scrutin.

Face à cette situation, plusieurs observateurs et acteurs de la société civile, notamment le Groupe de travail de la société civile, expriment leurs inquiétudes quant à la tenue d'élections libres, crédibles et transparentes.

Pas de réaction officielle à l'ANE

Selon eux, cette crise pourrait perturber les préparatifs, voire entraîner un report du scrutin. Un tel scénario risquerait d'engendrer des tensions dans le processus électoral et de retarder la mise en place des institutions républicaines dans les délais constitutionnels.

Pour l'heure, les responsables de l'ANE n'ont pas souhaité réagir. D'après une source interne, des discussions sont en cours avec les autorités et les partenaires. La réaction du gouvernement est attendue dans les prochains jours.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 28 décembre 2025, avait été investi le 30 mars à Bangui pour un troisième mandat.

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