L'Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés de Côte d'Ivoire (Apsfd-CI) a annoncé, lors d'une conférence de presse organisée à son siège le mardi 14 avril 2026 à Abidjan, la tenue de la deuxième édition des Journées nationales de la microfinance (Jnm), prévues les 25 et 26 juin 2026, autour du thème de la contribution des institutions de microfinance à l'inclusion financière et au développement socio-économique.
L'organisation faîtière des institutions de microfinance ivoiriennes a levé le voile sur les enjeux et les ambitions des Jnm 2026. Placée sous ce thème, cette rencontre se veut un cadre d'échanges et de réflexion stratégique visant à renforcer le rôle du secteur dans l'économie nationale.
Dans son intervention, le directeur exécutif de l'Apsfd-CI, Tanoé Cyrille, a rappelé que l'association, créée en août 1998, regroupe à ce jour 45 institutions de microfinance agréées, réparties sur l'ensemble du territoire national. Au 31 décembre 2025, ces structures totalisent plus de 2,6 millions de clients, avec un encours d'épargne dépassant 600 milliards de Fcfa et un encours de crédit estimé à plus de 722 milliards de Fcfa.
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Malgré les performances économiques de la Côte d'Ivoire, dont la croissance a atteint environ 6 % en 2024, contre 3,6 % en Afrique subsaharienne, des défis persistent en matière d'inclusion financière. Parmi ceux-ci figurent le faible maillage territorial des services financiers, encore concentrés à Abidjan, ainsi que l'accès limité au financement pour certains secteurs clés comme l'agriculture, dont le taux de pénétration demeure faible.
Face à ces enjeux, les Jnm 2026 ambitionnent d'offrir un cadre de concertation aux acteurs du secteur afin d'approfondir les réflexions sur l'accès des populations aux services financiers, notamment les Petites et moyennes entreprises (Pme), les femmes, les jeunes et les acteurs du secteur informel.
Le programme prévoit une conférence inaugurale, suivie de trois panels thématiques portant sur la transformation digitale des institutions de microfinance, leur rôle dans le financement des chaînes de valeur agricoles, ainsi que le développement de produits et services innovants adaptés aux besoins des populations.
Selon les organisateurs, entre 3 000 et 5 000 participants sont attendus à cet événement, qui mettra également en lumière les opportunités offertes par le digital pour améliorer l'accès aux services financiers, notamment en milieu rural.
Le directeur exécutif a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de mieux faire connaître le secteur de la microfinance, souvent méconnu ou assimilé, à tort, à des Ong. Il a rappelé qu'il s'agit d'un secteur formel, réglementé par la Banque centrale, au même titre que les banques et les assurances, et jouant un rôle important dans le financement de l'économie.
Les travaux devraient aboutir à l'identification de solutions concrètes pour renforcer l'offre de microfinance digitale, améliorer le financement agricole et proposer des stratégies adaptées aux réalités socio-économiques du pays. Les actes des journées seront publiés à l'issue des assises.
En misant sur l'innovation, la digitalisation et une meilleure compréhension de son rôle, le secteur de la microfinance entend ainsi s'imposer comme un levier essentiel de l'inclusion financière et du développement socio-économique en Côte d'Ivoire, à l'horizon 2030.