Ile Maurice: La ministre malgache évoque les zones d'ombre de l'enquête de 2018

Les révélations autour des enquêtes financières visant l'homme d'affaires malgache Mamy Ravatomanga refont surface dans un contexte de coopération judiciaire renforcée entre Maurice et la France. Les déclarations de la ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, ont ravivé le débat autour d'une enquête ouverte en 2018, restée sans suite faute de coopération suffisante et de preuves jugées exploitables à l'époque.

Lors d'un point de presse à la résidence de l'ambassade de Madagascar en février, à Floréal, la ministre a indiqué que des soupçons de blanchiment en bande organisée et de fraude fiscale avaient été formulés dès 2018 contre Mamy Ravatomanga, dans le cadre de flux financiers transfrontaliers.

Elle a soutenu que les autorités mauriciennes n'auraient pas pleinement col- laboré lors de cette première phase d'enquête internationale, ce qui aurait compliqué le travail des magistrats français. Faute d'éléments suffisants dans les délais requis, la procédure aurait été abandonnée. Cette affaire portait sur des mouvements financiers complexes impliquant plusieurs juridictions et des structures sociétaires utilisées pour des investissements à l'étranger. Les enquêteurs s'intéressaient déjà à des flux suspects liés à des acquisitions immobilières et à des montages offshore.

Par ailleurs, Mamy Ravatomanga dirige le groupe Sodiat, actif dans l'import-export, l'hôtellerie, les médias et la santé. Son nom a aussi été cité dans des enquêtes médiatiques internationales concernant des structures offshore et des investissements à l'étranger.

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Concernant ses avoirs, plusieurs sources évoquent des acquisitions immobilières en Europe, notamment en France, réalisées via des sociétés interposées. Ces opérations auraient été structurées à travers des montages financiers complexes impliquant des sociétés civiles immobilières et des entités offshore. L'un des aspects les plus sensibles concerne des appartements acquis en région parisienne, dont la valeur totale dépasserait plusieurs millions d'euros. Ces biens auraient été achetés via des structures juridiques complexes, rendant difficile l'identification des bénéficiaires effectifs des fonds.

À l'époque, les enquêteurs français avaient également examiné la cohérence entre les revenus déclarés et les investissements réalisés, notamment au regard des obligations fiscales applicables aux non-résidents. Aujourd'hui, avec la relance d'une coopération judiciaire plus structurée entre Maurice et la France, ces éléments refont surface dans un cadre coordonné. L'objectif des nouvelles investigations serait de recouper les flux financiers internationaux et de clarifier les zones d'ombre laissées par les premières procédures.

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