L’étau se resserre autour de Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba. Le leader de l’ONG « Urgences panafricanistes », figure de proue de la rhétorique anti-occidentale sur le continent, a été interpellé par les autorités sud-africaines à Pretoria. Accusé par le Bénin de complicité dans une tentative de déstabilisation de l’État, il attend désormais de savoir s’il sera remis à la justice de son pays d’origine.
C’est lors d’une opération menée dans un centre commercial de la capitale sud-africaine que le militant panafricaniste a été capturé. Selon les précisions fournies par France 24 ce jeudi 16 avril 2026, Kemi Seba ne voyageait pas seul : il était accompagné de l’un de ses fils et d’un intermédiaire.
La police locale soupçonne le groupe d’avoir tenté de rejoindre illégalement le Zimbabwe en traversant le fleuve Limpopo, avec pour objectif final de gagner l’Europe. Le facilitateur qui les accompagnait aurait perçu la somme de 250 000 rands (environ 13 000 euros) pour orchestrer cette traversée clandestine. Actuellement maintenus en détention provisoire, les deux hommes verront leur dossier examiné le 20 avril prochain, alors qu’une procédure d’extradition est d’ores et déjà engagée.
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La justice béninoise reproche à l’influenceur, suivi par plus d’un million de personnes sur les réseaux sociaux, d’avoir activement soutenu la tentative de coup d’État survenue le 7 décembre dernier à Cotonou. Si la mutinerie avait été rapidement étouffée par les forces loyalistes avec l’appui de partenaires internationaux, Kemi Seba s’était illustré en qualifiant publiquement cet événement de « jour de la libération ».
Poursuivi pour « incitation à la rébellion » et « apologie de crimes contre la sûreté de l’État », il est perçu par le pouvoir du président Patrice Talon comme un agent de déstabilisation. Cette arrestation survient d'ailleurs dans un climat politique particulier au Bénin, marqué par la victoire écrasante de Romuald Wadagni à l'élection présidentielle de dimanche dernier.
Au-delà des frontières africaines, le parcours de Kemi Seba suscite l’intérêt des services de renseignement occidentaux. France 24 rappelle qu'en octobre 2024, l'activiste avait été auditionné en France pour ses liens présumés avec la nébuleuse paramilitaire russe Wagner. Des documents issus des « Wagner Leaks » suggéraient déjà, il y a quelques années, que ses activités sur le continent auraient bénéficié du soutien financier d'Evgueni Prigojine.
Alors que l'organisation Freedom House vient de pointer le Bénin pour ses pratiques de « répression transnationale », le cas de Kemi Seba devient un enjeu de diplomatie régionale. Entre les accusations de putschisme portées par Cotonou et son image de tribun anticolonialiste, l'issue de la procédure d'extradition en cours en Afrique du Sud sera déterminante pour l'avenir du mouvement panafricaniste qu'il incarne.