Sénégal: 'Murer la peur', un cri théâtral sur l'état actuel du monde

 La pièce de théâtre sénégalo-suisse "Murer la peur", présentée à la 14e édition du Marché des arts du spectacle africain d'Abidjan (MASA), se veut un cri du coeur sur l'état actuel du monde miné par les guerres, la violence et différentes formes de rejets à travers tous les continents.

Tirée d'un texte de l'écrivain mozambicain Mia Couto, cette pièce écrite à l'occasion d'une conférence internationale sur le désarmement à Estoril (une station balnéaire du Portugal), en 2010, allie chant, danse, jeu d'acteur et musique. En 75 minutes, les cinq comédiennes accompagnées par trois musiciens sénégalais et une Malienne ont passé, sur la scène du en revue sur le plateau palais de la Culture de Treichville, les variances de la violence qui mine le monde, pour mieux appeler à la paix et au changement de comportement.

"Ceux qui travaillent ont peur de perdre leur travail, ceux qui n'ont pas de travail, ont peur du chômage. Les civils ont peur des militaires, ces derniers ont peur du manque d'armes et les armes ont peur du manque de guerre", relèvent les comédiennes du Théâtre Spirale de Genève Elles dénoncent les nombreux murs érigés un peu partout dans le monde pour séparer les peuples, entre l'Algérie et le Maroc, le Mexique et les Etats-Unis, Israël et la Palestine, rappelant la grande muraille de Chine.

Diverses thématiques sont en même temps abordées sur scène, telles que le réchauffement climatique "dû aux activités des hommes", la violence faite aux femmes, la migration, les pillages des biens publics détenus par une minorité. La pièce "Murer la peur" sonne comme une révolte qui fait passer son public par plusieurs sensations : des moments tour à tour drôles, dramatiques, gais, tristes, etc.

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A travers la musique omniprésente dans la pièce, des figures du monde sont honorées, parmi lesquelles le chanteur de chorale sénégalais Julien Jouga (1931-2001), à travers sa célèbre chanson "Diam aduna" (La paix dans le monde), la militante suédoise Greta Thurberg pour son engagement contre le réchauffement climatique et aussi l'écrivaine Fatou Diome pour ses écrits sur l'immigration.

Cette pièce, qui réunit les comédiens thiéssois membres de l'Association des artistes comédiens du théâtre sénégalais (ARCOTS), avec Jules Dramé, et la compagnie "Le pont" de Suisse, invite à agir pour la paix. Elle se caractérise par la maitrise du texte par les comédiens et leur jeu d'acteur harmonisés avec la mise en scène du Suisse Patrick Mohr dans un décor minimaliste. Mais elle bute sur sa longueur - 1 heure 20 mn - pour une pièce qui pouvait être séparée en deux.

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