Le Groupe de la Banque africaine de développement a organisé du 11 au 13 mars 2026 à Abidjan, une revue de la performance de ses opérations régionales en Afrique de l'Ouest. Les travaux ont abouti à l'adoption d'un Plan d'amélioration de la performance du portefeuille régional 2026-2027 qui permettra d'accélérer la mise en oeuvre de 116 projets pour lesquels l'institution investit plus de 3,3 milliards de dollars américains.
Ce Plan définit des actions prioritaires pour lever les principaux goulots d'étranglement identifiés et améliorer durablement la performance du portefeuille régional.
« L'amélioration de la performance de ce portefeuille régional est urgente. Nous devons veiller à ce que les résultats de ces opérations soient atteints dans les délais fixés. C'est ainsi que nous contribuerons concrètement à l'intégration de l'Afrique de l'Ouest et à la transformation de ses économies », a déclaré le directeur général du Groupe de la Banque pour la région de l'Afrique de l'Ouest, Lamin Barrow.
« Dans un contexte mondial marqué par des turbulences géopolitiques croissantes, le partenariat demeure une clé pour la résilience. À ce titre, la Banque africaine de développement constitue une source inestimable de résilience et de mobilisation des partenariats », a souligné le commissaire aux Affaires économiques et à l'Agriculture de la CEDEAO, Kaliou Sylla.
Parmi la dizaine de projets examinés au cours de la rencontre figuraient notamment le corridor autoroutier Abidjan-Lagos, l'interconnexion électrique Nigeria-Niger-Bénin-Burkina Faso en 225 kilovolts, le projet énergie de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), l'interconnexion électrique Guinée-Mali, le Programme intégré de développement et d'adaptation aux changements climatiques dans le bassin du Niger (PIDACC), la Dorsale transsaharienne à fibre optique (DTS) ainsi que le programme régional de lutte contre le blanchiment de capitaux du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA). Au cours de la dernière décennie (2015-2025), les opérations régionales du Groupe de la Banque ont généré des résultats tangibles pour les populations ouest-africaines. Elles ont permis notamment de construire et de réhabiliter 3 736 kilomètres de routes, facilitant les échanges transfrontaliers, le raccordement de 1,6 million de personnes à l'électricité, dont 809 000 femmes, ainsi que l'installation de 464,5 mégawatts de capacité électrique, dont 81,5 mégawatts d'énergies renouvelables.
Les interventions ont également contribué à renforcer la sécurité alimentaire de 40,7 millions de personnes et à soutenir 354 774 entreprises via des instruments de financement régionaux. Ils ont, en outre, permis de créer 637 697 emplois directs, dont 47 % occupés par des femmes. De même, 50,5 millions de personnes ont bénéficié d'un accès amélioré aux services de santé, 11,4 millions à l'eau potable et 7,2 millions à des services d'assainissement.
M. Sylla a invité le Groupe de la Banque à accompagner l'institution politique sous-régionale pour la mise en place d'une plateforme régionale unique de revue des programmes, réunissant l'ensemble des acteurs de l'écosystème de l'intégration régionale. « Cette plateforme permettra d'aligner les partenaires techniques et financiers sur nos priorités, d'identifier les sources d'inefficacité et de mobiliser nos forces en vue des changements positifs induits par nos actions coordonnées », a-t-il indiqué.
Outre les représentants du Groupe de la Banque africaine de développement et de la CEDEAO, la rencontre a réuni des représentants de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et de l'Union du fleuve Mano (MRU), qui ont réaffirmé leur engagement en faveur de l'intégration régionale.