L'un des acteurs clés du processus électoral en République du Congo, le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) a constaté qu'il n'a pas pu remplir correctement sa mission de réguler la couverture médiatique de l'élection présidentielle, faute de moyens financiers ou de leur affectation tardive.
L'organe de régulation des médias a fait le constat le 15 avril au cours de la restitution des résultats de la régulation de la couverture médiatique de l'élection du président de la République, scrutin des 12 et 15 mars derniers. Pour cette échéance électorale, selon le secrétaire comptable, Jérôme Patrick Mavoungou, le CSLC a débuté sa mission électorale par les réunions avec les groupements et partis politiques entre le 27 janvier et le 12 février pour les sensibiliser à la nécessité d'un scrutin apaisé, gage d'une stabilité sociale et démocratique.
Par la suite, a-t-il poursuivi, le CSLC a déployé à Brazzaville et à Pointe-Noire ses équipes pour la régulation de la couverture médiatique. L'objectif, a-t-il renchéri, était d'envoyer des observateurs dans les départements où il y avait des chaînes de télévisions, de radios et des journaux ainsi que les médias en ligne. Faute de moyens financiers, a-t-il expliqué, le CSLC n'a pu couvrir tout le territoire national.
Ainsi, à l'issue de la régulation de la couverture médiatique à Brazzaville et à Pointe-Noire, le CSLC a constaté un déséquilibre dans la couverture médiatique. A titre illustratif, a-t-il indiqué, dans le département de Pointe-Noire, un candidat a concentré près de deux tiers du temps d'antenne tandis que certains candidats n'ont bénéficié que de parts marginales, 3% à 14%, et d'autres aucune visibilité. Ces déséquilibres, a-t-il dit, sont établis par les données issues du monitoring et des histogrammes.
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Etant donné que la loi confère au CSLC l'obligation de veiller, en période électorale, à l'égalité du temps d'antenne, au cours de cette dernière présidentielle, il a constaté que cette égalité ne s'est pas traduite dans la couverture globale des médias. Autrement dit, a-t-il expliqué, l'égalité a été respectée dans le cadre règlementaire, mais elle n'a pas été effective dans la pratique quotidienne des médias.
En définitive, dans la perspective des prochaines échéances électorales, il apparaît indispensable d'assurer l'allocation au CSLC d'une subvention spécifique dédiée à la régulation de la couverture médiatique ; de renforcer les capacités techniques et humaines ; de mieux encadrer les médias numériques et de garantir une égalité réelle d'accès aux médias.
Par ailleurs, a-t-il conclu, l'expérience de la régulation de la couverture médiatique de l'élection présidentielle a démontré que l'existence d'un cadre juridique solide ne suffit pas à elle seule à garantir une égalité effective, sans moyens adéquats et sans adhésion pleine des acteurs concernés.