L'ancien ministre Mamadou Ndoye alerte sur le retard dans la mise en oeuvre des réformes institutionnelles promises par le nouveau régime. Invité de l'émission Objection hier, dimanche 12 avril, sur les ondes de Sud FM, il accuse l'hyper-présidentialisme, le clientélisme politique et la confiscation de la citoyenneté d'être les causes profondes de ce blocage, tout en mettant en garde contre un risque de retour aux pratiques du passé.
L'ancien ministre et membre du mouvement « Sursaut citoyen » sort de sa réserve et prend position sur le retard dans la mise en oeuvre des réformes institutionnelles promises par l'actuel régime lors de la campagne présidentielle du 24 mars 2024. Invité de l'émission Objection hier, dimanche 12 avril, sur les ondes de la radio Sud FM, Mamadou Ndoye est monté au créneau pour alerter sur les dérives en cours. Selon lui, les signaux actuels, marqués par la résurgence des luttes de pouvoir, les tensions politiques et des épisodes de répression, laissent craindre un retour aux pratiques du passé.
Estimant que le Sénégal est confronté à une répétition des mêmes schémas malgré les alternances politiques, l'ancien secrétaire général de la Ligue démocratique, aujourd'hui engagé dans la société civile, considère que le véritable enjeu ne réside pas dans une simple énumération de réformes. À ses yeux, la priorité doit être accordée à la levée de blocages structurels qu'il qualifie de « goulots d'étranglement ». Poursuivant son analyse, Mamadou Ndoye identifie trois principaux obstacles. Le premier est l'hyper-présidentialisme, qu'il considère comme une entrave majeure à la démocratie en raison de la concentration excessive des pouvoirs entre les mains de l'exécutif.
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La deuxième chape de plomb relève d'un système de prédation favorisant le clientélisme, la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques, avec des répercussions directes sur les secteurs sociaux de base. Enfin, il dénonce une confiscation de la citoyenneté, réduite selon lui au simple acte de vote, sans réelle capacité d'influence des citoyens entre deux échéances électorales.
Face à cette situation, Mamadou Ndoye appelle ainsi à une refonte du modèle démocratique, fondée sur une articulation entre démocratie représentative et démocratie participative, afin de renforcer l'implication des citoyens dans la gestion des affaires publiques. « Si nous ne faisons pas ce saut qualitatif, le pays restera durablement bloqué », a-t-il insisté.