Washington — La position de l'Angola en faveur d'une redéfinition du modèle de coopération entre les continents africain et européen a été réitérée mercredi à Washington, aux États-Unis, par la ministre des Finances, Vera Daves, lors des Réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui s'achèvent samedi 18.
Intervenant lors d'une table ronde réunissant les ministres des Finances de l'Union africaine et de l'Union européenne, la responsable angolaise a estimé que les modèles traditionnels de coopération entre les deux continents deviennent insuffisants face aux défis actuels.
« Le modèle actuel de coopération entre nos pays doit être repensé et actualisé, afin de mieux s'aligner sur la nécessité de transformations profondes », a-t-elle déclaré, soulignant que le monde évolue dans un contexte marqué par la fragmentation géopolitique, des pressions budgétaires croissantes et des mutations dans la structure des économies.
Elle a plaidé en faveur d'un partenariat favorisant une croissance inclusive et durable, génératrice d'emplois, tout en stimulant le développement des compétences locales et l'amélioration des systèmes fiscaux.
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Selon Vera Daves, un tel changement de paradigme pourrait également contribuer à réduire les pressions migratoires, en promouvant des solutions mutuellement bénéfiques, fondées sur un meilleur accès à l'éducation et sur des conditions économiques plus stables.
La ministre a par ailleurs souligné que, dans un monde en mutation rapide, l'Afrique gagne en importance sur plusieurs plans, ce qui devrait inciter l'Union européenne à accorder une attention accrue au continent, notamment sur les plans politique, énergétique et économique.
Elle a également mis en avant le potentiel de l'Afrique en tant que marché d'avenir pour de nouvelles exportations, offrant de nombreuses opportunités d'investissement, en particulier dans les pays lusophones tels que l'Angola, le Mozambique, le Cap-Vert et São Tomé-et-Príncipe.
Toutefois, a-t-elle relevé, des efforts restent nécessaires, notamment en matière d'accès au financement, de coopération entre institutions financières et de mise en place de mécanismes facilitant l'identification et le financement de projets structurants.
La gouvernance, la transparence et la sécurité juridique figurent également parmi les axes d'amélioration essentiels pour attirer davantage d'investisseurs européens.
« Je suis convaincue que l'Afrique gagnera encore en pertinence sur la scène mondiale, et que cela passera par une combinaison de coopération économique et de diplomatie active », a-t-elle conclu.
Mercredi, la délégation angolaise participant aux Réunions de printemps a mené un agenda de travail soutenu, prenant part à des sessions thématiques, des rencontres bilatérales ainsi qu'à des réunions avec de hauts responsables de Bank of America et des investisseurs.
Placée sous le thème « Construire la prospérité par les politiques publiques », la rencontre a débuté le 13 avril et s'achève le 18 dans la capitale américaine.