À Rs 64,25 le litre d'essence et Rs 71,25, pour le diesel désormais, les automobilistes ajustent leurs comportements. Le plein devient partiel et calculé au plus juste. «On met juste ce qu'il faut pour quelques jours», confie Sylvio Gérard, habitant d'Ambrose. La voiture est désormais gérée comme une dépense contrainte plutôt qu'un simple moyen de transport. «Même aller au supermarché demande réflexion», ajoute un autre conducteur.
Dans les foyers cette hausse s'ajoute à une pression budgétaire déjà installée. La multiplication des véhicules n'a pas réduit les coûts bien au contraire. Assurance entretien et carburant continuent de peser même lorsque l'usage diminue. «On essaie de limiter les trajets de mieux s'organiser, parfois de covoiturer, mais au final les dépenses restent élevées», témoigne Shameem, un habitant de Port-Louis.
Au-delà du quotidien des ménages, les effets se répercutent sur l'ensemble de l'économie. Le carburant reste un élément central du transport et de la logistique. Son renchérissement entraîne une hausse des coûts de fret et de livraison qui se diffuse progressivement dans les prix des produits importés.
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De leur côté les entreprises déjà confrontées à des charges importantes voient leurs marges se réduire. «Nous avons déjà absorbé plusieurs hausses, mais il devient difficile de ne pas répercuter à un moment», reconnaît un responsable du secteur privé. Dans ce contexte, certaines structures maintiennent malgré tout des allocations de transport, y compris en cas de télétravail, afin de préserver un équilibre interne.
Du côté des employés, la situation est perçue différemment selon les niveaux de revenu. «Si l'allocation reste inchangée ce sont les employés qui absorbent la différence», estime Deepak, employé dans les télécommunications qui souligne une pression accrue sur les revenus inférieurs à Rs 50 000.
Par ailleurs les petites et moyennes entreprises apparaissent particulièrement exposées. Leur faible capacité d'absorption des coûts, combinée à une forte dépendance à la logistique, les oblige parfois à revoir certaines activités. Dans certains cas, les déplacements professionnels ou la participation à des événements sont réduits pour limiter les dépenses.
Enfin les secteurs agricole et agroalimentaire ne sont pas épargnés. La hausse du carburant alourdit les coûts de production et de transport de la ferme aux points de vente. Peu à peu, cette pression se transmet à l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement jusqu'au consommateur final.