Ile Maurice: Comment tirer son épingle du jeu dans le contexte mondial actuel

Lors d'un atelier intitulé Navigating Global Shifts : Emerging Opportunities for the Financial Services, qui s'est tenu à l'Atal Biharee Vajpayee Institute of Public Service and Innovation, à Côte-d'Or, hier, la ministre des Services financiers, Jyoti Jeetun, a abordé les défis posés par les conflits internationaux, notamment la guerre au Moyen-Orient, qui affecte les flux de capitaux.

Elle a souligné que les entreprises se délocalisent et que les investisseurs diversifient leurs portefeuilles dans différentes juridictions. Malgré ces difficultés, elle a insisté sur le fait que le pays doit s'attacher à attirer des flux financiers, en particulier dans un contexte où d'autres secteurs sont en difficulté.

«Nous ne fondons pas nos stratégies sur une guerre regrettable. Mais la question que nous devons nous poser aujourd'hui est la suivante :pouvons-nous attirer davantage de ces flux dans un contexte où d'autres secteurs sont en difficulté ?» a déclaré la ministre Jeetun. Elle estime que le gouvernement agit vite et obtient des résultats concrets comme dans le cas de Tiger Global. «Nous avons réagi promptement, avec détermination et efficacité. Notre Premier ministre a rencontré le Premier ministre indien, Narendra Modi, pour aborder cette question en tête-à-tête.Ce dernier a assuré que l'Inde ne prendrait aucune mesure susceptible de compromettre les avantages dont Maurice bénéficie sous la convention de double imposition.»

Cet atelier de travail visait à présenter les initiatives qui permettront aux acteurs du secteur de tirer le meilleur parti de la situation globale. La ministre a axé son intervention sur trois grands thèmes : stratégie actuelle pour le secteur des services financiers ; gestion des risques ; et exploration des opportunités de croissance. Les cinq piliers clés de cette stratégie sont : améliorer le contexte commercial ; diversifier les produits financiers ; renforcer l'identité de marque ; élargir la présence sur le marché ; et remédier à la pénurie de talents.

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La mise en oeuvre de cette stratégie sera supervisée par le Financial Services Consultative Council. Le cabinet a, par ailleurs, examiné, vendredi dernier, plusieurs initiatives pour faciliter la redomiciliation des entreprises mondiales via des canaux accélérés. Cela inclut des certificats de redomiciliation pour les entreprises en deux jours ouvrables ; l'attraction de nouvelles structures d'entreprise ; et un visa dédié pour les professionnels des services financiers. «Le gouvernement agit de manière décisive, car la fenêtre d'opportunité ne reste pas ouverte longtemps», a ajouté la ministre.

Par ailleurs, la ministre Jeetun a souligné la réputation du Centre financier international de Maurice, mettant en avant son cadre réglementaire et sa crédibilité. Elle a insisté sur l'importance de préserver cette dernière, notamment en vue du prochain exercice du Mutual Evaluation du Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG) . Soulignant la fréquence des fausses informations, elle a affirmé que Maurice respecte les normes du Groupe d'action financière et que des préparatifs sont en cours, incluant une évaluation nationale des risques et une simulation d'évaluation. L'exercice d'ESAAMLG est prévu au second semestre 2028 et la ministre a démenti avec fermeté toute rumeur selon laquelle Maurice risque d'être placé sur la liste grise avant cette date.

Anwar Abrar, président de la Mauritius Bankers Association, a lui souligné que Maurice, traditionnellement reconnue pour sa stabilité, doit désormais évoluer et passer du statut de safe haven à celui de centre stratégique dans un monde fragmenté. «L'objectif est de faciliter la circulation efficace des capitaux, d'aider les investisseurs à gérer les risques géopolitiques et de permettre aux entreprises de réorienter leurs opérations internationales.»

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