Afrique de l'Ouest: Hémophilie au Sénégal - L'indisponibilité des médicaments, principal défi de la prise en charge (responsable)

Dakar — La prise en charge de l'hémophilie fait face à plusieurs défis, le plus important étant l'indisponibilité des médicaments, a indiqué vendredi le professeur Moussa Seck, médecin-chef du service d'hématologie clinique du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), à Dakar.

"Les difficultés dans le traitement de l'hémophilie, en tout cas au Sénégal, concerne principalement la disponibilité des médicaments. Au moment où je vous parle, le traitement nous parvient sous forme de dons par l'intermédiaire de la Fédération mondiale de l'hémophilie. Cela veut dire qu'aujourd'hui, un hémophile qui veut acheter son médicament ne pourra le trouver dans les pharmacies du pays", a fait savoir le professeur Moussa Seck.

Il s'exprimait en marge de la cérémonie célébrant la Journée mondiale de l'hémophilie, placée sous le thème 'Diagnostiquer : première étape du soin", et commémorée le 17 avril de chaque année.

L'hémophilie est une maladie de la coagulation dont les symptômes apparaissent par des manifestations hémorragiques.

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"Elles ont une particularité, parce que l'hémophilie, c'est surtout des saignements qui sont internes, c'est-à-dire qui se passent à l'intérieur des articulations. Ce qu'on appelle des hématoses, ou bien au niveau des vésicules", a expliqué le professeur Moussa Seck.

Il a notamment fait savoir que l'hémophilie est une anomalie génétique héréditaire, transmise à l'enfant par sa mère, ajoutant que c'est lorsque le saignement n'est pas extériorisé, qu'il y a vraiment un problème.

"Ce sont les mères des hémophiles qui portent l'anomalie qui est transmise malheureusement aux garçons. Le garçon qui n'a qu'un seul chromosome X tombe malade dès que ce chromosome est atteint", a indiqué le praticien, rappelant que le traitement de la maladie se fait à vie et suivant plusieurs méthodes.

"Il y a ce qu'on appelle le traitement substitutif, qui consiste à donner des concentrés de facteurs de la coagulation et qui permet à l'hémophile au moment des saignements de les arrêter", a déclaré le professeur Moussa Seck.

Un autre type de traitement consiste à donner des facteurs de la coagulation de façon régulière à l'hémophile, une fois ou deux fois par semaine, ce qui permet de limiter le risque de saignement, a ajouté le chef du service d'hématologie clinique du CNTS.

Présent à la commémoration de la Journée internationale, le secrétaire général de l'Association sénégalaise d'hémophilie a, pour sa part, plaidé pour un plus grand accès aux soins.

"Nous invitons les autorités à acquérir facilement les facteurs anticoagulants à temps pour une prise en charge adéquate des malades souffrant d'hémophilie", a exhorté Alioune Badara Mbaye.

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