Afrique: Communiqué de la 1339e reunion du CPS tenue le jeudi 16 avril 2026 sous le thème « Intelligence artificielle - Gouvernance, paix et sécurité »

communiqué de presse

Adopté par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) à sa 1339e réunion tenue le jeudi 16 avril 2026 sous le thème « Intelligence artificielle : gouvernance, paix et sécurité ».

Le Conseil de paix et de sécurité,

Rappelant ses décisions antérieures sur l'Intelligence artificielle (IA) et les nouvelles technologies, en particulier les communiqués PSC/PR/COMM.1214 (2024) et PSC/MIN/COMM.1267 (2025) ;

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Prenant note de la Stratégie continentale de l'UA en matière d'Intelligence artificielle (2024) et de l'accent qu'elle met sur l'exploitation de l'IA pour le développement, le renforcement des capacités, la réduction des risques, la stimulation des investissements et la promotion de la coopération ;

Se félicitant des conclusions du Dialogue politique de haut niveau sur l'IA organisé par le gouvernement de la République fédérale démocratique d'Éthiopie en collaboration avec la Commission de l'UA, tenu à Addis-Abeba en mai 2025, qui a souligné que l'IA constituait une priorité stratégique pour l'Afrique ;

Saluant en outre les conclusions de la 3e Conférence africaine sur les start-ups, qui s'est tenue du 5 au 7 décembre 2024 à Alger sous le thème « Ré-imaginer l'Afrique par l'intelligence artificielle » ;

Reconnaissant l'évolution rapide de l'Intelligence artificielle qui façonne la gouvernance mondiale, avec des conséquences profondes pour la souveraineté, le développement, la paix et la sécurité, et soulignant la nécessité de saisir d'urgence les opportunités offertes par l'IA tout en atténuant les risques connexes, notamment la désinformation, les cybermenaces, l'exploitation des données et leur utilisation abusive dans les situations de conflit ;

Prenant note des déclarations liminaires de S.E. le Dr Gedion Timothewos, ministre des Affaires étrangères de la République fédérale démocratique d'Éthiopie et Président du CPS pour le mois d'avril 2026, et de S.E. Mahamoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l'UA, lue en son nom par S.E. l'Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, ainsi que des communications de S.E. Dr Worku Gachena Negera, Directeur général de l'Institut éthiopien d'intelligence artificielle, de M. Samson Itodo, Président du Groupe consultatif de l'Union africaine sur l'Intelligence artificielle, et de M. Bernardo Mariano Junior, Sous-secrétaire général, Directeur général des technologies de l'information, Chef du Bureau de l'informatique et des communications des Nations Unies (UNOICT) ; et

Agissant en vertu de l'article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité

1. Réaffirme le droit souverain de l'Afrique à exploiter l'Intelligence artificielle pour la paix, la sécurité et le développement, conformément au droit international et aux priorités africaines ; appelle à la mise en place de systèmes d'IA dans les langues africaines afin de renforcer l'inclusivité, la préservation de la culture et la cohésion sociale, tout en tenant compte du potentiel de l'Intelligence artificielle pour améliorer la prévention des conflits, la médiation, les opérations de soutien à la paix et la reconstruction post-conflit ;

2. Se félicite de la Stratégie continentale de l'UA en matière d'Intelligence artificielle (2024) et demande aux États membres d'en accélérer la mise en oeuvre, notamment par l'élaboration de stratégies nationales en matière d'IA alignées sur l'Agenda 2063 et l'Agenda 2030 ;

3. Se félicite également du thème de l'Année 2027, « L'Union africaine à l'aube de son 25e anniversaire : tirer pleinement parti du potentiel du Marché unique africain du transport aérien (MUATA) et des nouvelles technologies pour l'intégration continentale », adopté par la décision [Assembly/AU/Dec.952(XXXIX)] lors de la 39e session ordinaire de la Conférence de l'Union, les 14 et 15 février 2026, à Addis-Abeba (Éthiopie), et souligne l'importance croissante des technologies émergentes, y compris l'Intelligence artificielle, pour faire avancer le programme de l'Afrique en matière de paix, de sécurité, de gouvernance et d'intégration, conformément à l'Agenda 2063 ;

4. Salue la désignation de S.E. le Dr Abiy Ahmed, Premier ministre de la République fédérale démocratique d'Éthiopie, en tant que Champion de l'Union africaine pour l'Intelligence artificielle et la santé numérique par la décision [Assembly/AU/Dec.966(XXXIX)] de la Conférence adoptée lors de la 39e session ordinaire de la Conférence l'Union, tenue les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba (Éthiopie), et lui exprime son soutien pour ses efforts à cet égard ;

5. Souligne la nécessité pour l'Afrique de façonner et de contrôler ses technologies d'IA et d'assurer la souveraineté de l'Afrique en matière d'IA dans l'ensemble de l'écosystème de l'IA ;

6. Souligne l'importance de veiller à ce que les cadres et processus mondiaux de gouvernance de l'IA soient inclusifs et représentatifs, et insiste sur la nécessité de renforcer la participation africaine aux processus mondiaux d'établissement de normes grâce à des positions coordonnées et à des actions stratégiques au sein des plateformes multilatérales ;

7. Salue les efforts déployés par la Commission de l'UA par l'intermédiaire du Groupe consultatif sur l'IA pour la gouvernance, la paix et la sécurité et prend note des progrès accomplis dans l'élaboration de la note d'orientation sur l'IA pour la paix, la sécurité et la gouvernance en Afrique ; et demande à la Commission d'accélérer la réalisation de l'étude approfondie et de la position africaine commune sur l'IA et son impact sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement en Afrique conformément aux décisions pertinentes du CPS et de les soumettre au CPS pour examen ;

8. Souligne la nécessité de développer et de déployer des technologies d'IA qui doivent être guidés par les principes de transparence, de responsabilité, d'inclusivité, de gouvernance éthique, de partage de bénéfices, de cohésion sociale et de plein respect du droit international ;

9. Plaide en faveur de l'élaboration progressive de cadres réglementaires/chartes de gouvernance de l'IA évolutifs, spécifiques et adaptés au contexte, conformes au droit international humanitaire et aux principes de contrôle humain efficace ;

10. Souligne l'importance de préserver la souveraineté africaine en matière de numérique et de données, en veillant à ce que le développement et la gouvernance de l'IA reflètent les valeurs, les cultures, la diversité et les priorités de développement du continent, tout en prévenant l'exploitation numérique, le partage inéquitable des bénéfices, et en promouvant des politiques industrielles numériques qui favorisent, entre autres, la localisation des données, le transfert de technologies et la divulgation du code source afin d'assurer le rattrapage numérique ;

11. Demande à la Commission de l'UA d'intégrer progressivement des outils basés sur l'IA dans l'AGA et l'APSA, en particulier le Système continental d'alerte précoce (CEWS), en particulier dans les domaines de la collecte et de l'analyse des données, de la cartographie des risques, de l'élaboration de scénarios et de l'analyse prédictive, en tenant dûment compte de la gouvernance éthique et des contraintes en matière de capacités

12. Se déclare préoccupé par les risques liés à l'utilisation abusive des technologies d'IA, notamment la cybercriminalité, la désinformation, les atteintes à la vie privée, la violence facilitée par la technologie et l'utilisation potentielle de l'IA à des fins militaires, en particulier dans les situations de conflit ; à cet égard, souligne la nécessité de résorber l'asymétrie mondiale et continentale en matière de capacités d'IA, notamment en ce qui concerne l'accès à l'électricité, à la puissance de calcul , aux ensembles de données de haute qualité, aux infrastructures et à l'expertise technique, et appelle à redoubler d'efforts pour renforcer les capacités africaines dans ces domaines cruciaux

13. Appelle à un renforcement des investissements dans l'écosystème africain de l'IA, notamment dans les infrastructures numériques, les systèmes de données, les capacités informatiques et le développement du capital humain, y compris par la mise en place de systèmes de gouvernance multipartites et à plusieurs niveaux ;

14. Demande à la Commission de l'UA d'accélérer la mise en place d'un Fonds africain pour l'IA, dans le respect des procédures requises, en vue de financer les infrastructures et les start-ups africaines dans le domaine de l'IA, y compris un soutien ciblé aux entreprises technologiques dirigées par des jeunes Africains, conformément à l'Agenda « Jeunesse, Paix et Sécurité » ;

15. Salue les efforts nationaux en cours déployés par les États membres visant à renforcer les capacités en matière d'IA, y compris les initiatives portant sur la création d'institutions spécialisées, de centres de recherche et de programmes de formation, qui peuvent servir de points de référence pour une coopération continentale plus large ;

16. Charge la Commission de l'Union africaine d'étudier la possibilité de créer un Centre africain d'excellence sur l'intelligence artificielle, dans le respect des procédures requises, en vue de renforcer la recherche, la coordination des politiques, l'expertise technique et le soutien au renforcement des capacités des États membres, ainsi que de faciliter l'intégration responsable de l'IA dans les architectures de paix ;

17. Encourage la mise en place d'un réseau africain de centres nationaux d'IA afin de coordonner les efforts africains en vue de parler d'une seule voix africaine, forte et influente, sur l'avenir de l'IA ;

18. Souligne la nécessité d'une coopération renforcée entre les États membres, les Communautés économiques régionales et les Mécanismes régionaux (CER/MR), le secteur privé, le monde universitaire, la société civile et les partenaires internationaux afin de mobiliser des ressources, de faciliter le transfert de technologies et de soutenir l'écosystème africain de l'IA ;

19. Demande à la Commission de l'UA, en collaboration avec le Groupe consultatif, de continuer à suivre l'évolution de l'Intelligence artificielle et de présenter des rapports périodiques au Conseil, notamment sur les risques émergents, les opportunités et le développement de la gouvernance, assortis de recommandations sur les politiques et cadres réglementaires ;

20. Décide de rester activement saisi de la question.

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