Faut-il s'attendre à une nouvelle vague de renchérissement du coût de la vie ? Lors de sa conférence de presse jeudi, le ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, Michael Sik Yuen, a indiqué qu'il n'est pas question de revoir les taxes sur les carburants, celles-ci étant indispensables au financement des services publics.
Certes, le gouvernement a recours à des mécanismes d'amortissement, notamment à travers le Price Stabilisation Account. Mais la facture énergétique finit toujours par être payée, soit par le consommateur, soit par l'État. Le carburant étant une variable centrale dans le fonctionnement de l'économie, chaque hausse se répercute sur les coûts de transport, puis sur la logistique, la production et, in fine, sur les prix de détail. Dans une économie insulaire fortement dépendante des importations, ce mécanisme est puissant.
Les premières manifestations de cette pression sont déjà visibles: augmentation de l'électricité d'environ 15 % à partir du 1eᣴ mai, hausse du prix du pain maison - de Rs 2,60 à Rs 3,90 - et ajustements attendus dans le transport. Énergie, alimentation et mobilité représentent les trois piliers du budget des familles, et leur hausse simultanée alimente mécaniquement le sentiment de vie chère. Les projections officielles du ministère des Finances vont dans le même sens. L'inflation, qui se situait autour de 4 % en mars 2026, pourrait atteindre un pic proche de 6 % si les tensions internationales perdurent.
L'énergie, un coût stratégique
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Face à cette pression, le secteur privé s'adapte. Business Mauritius a appelé ses quelque 1 200 entreprises membres à réduire leur consommation énergétique et à renforcer leur résilience opérationnelle. L'organisation recommande notamment la réduction des usages non essentiels, l'optimisation des systèmes de climatisation, le recours au télétravail et, dans certains cas, l'instauration d'une journée hebdomadaire de fermeture des bureaux. Ces mesures traduisent une réalité simple : l'énergie devient un coût stratégique qu'il convient de gérer au même titre que les matières premières ou la main-d'oeuvre.
Plusieurs grandes entreprises ont déjà franchi le pas. Mauritius Telecom et le groupe IBL ont mis en place des dispositifs de travail à distance partiel. D'autres, comme le groupe Currimjee, leur ont emboîté le pas. Ces ajustements montrent que les entreprises anticipent une période prolongée de coûts énergétiques élevés.
Dans le même temps, certains opérateurs adoptent une approche plus prudente en matière de tarification. La filiale Logidis du groupe IBL, à travers son service de mobilité «Taxi by Ala-Lila! Powered by Uber», lancé le mois dernier, ne prévoit pas d'augmentation immédiate de ses tarifs. Selon son General Manager, People Mobility & Vehicle Services, Naden Padayachi, il est encore trop tôt pour répercuter ces hausses sur les clients. «Chaque opérateur doit d'abord analyser l'impact réel sur ses coûts et ses volumes avant d'ajuster ses prix», explique-t-il. Il estime toutefois que le contexte actuel pourrait constituer une opportunité pour les autorités de réfléchir à une harmonisation des tarifs des taxis, sur le modèle des autobus.