La situation était tendue hier au site d'enfouissement de Mare-Chicose, où les opérations étaient perturbées. Le conflit opposait l'opérateur Sotravic/Strata à un groupe de camionneurs chargés notamment du transport du lixiviat (liquide résiduel polluant généré par la percolation de l'eau à travers des matières solides, dans les centres d'enfouissement technique) vers les centres de traitement. Dans le courant de la journée, un accord a été conclu.
Sur le terrain, les camionneurs dénonçaient une situation financière devenue, selon eux, intenable depuis plusieurs mois. Ils affirmaient que les paiements accusaient de lourds retards et que la situation s'était progressivement détériorée depuis octobre 2025. Ils indiquaient que seuls 80 % du paiement du mois d'octobre avaient été effectués.
«Situation impossible»
Les montants restants s'accumulaient, créant une dette importante envers les opérateurs. Certains estimaient que les arriérés atteignaient plusieurs millions de roupies. «Cela faisait des mois qu'on nous promettait des paiements chaque vendredi, mais rien ne se stabilisait. La situation devenait impossible», confiait un contracteur hier matin.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Environ 15 camions étaient concernés par le mouvement. Ils affirmaient également faire face à des charges importantes, notamment le carburant, l'entretien des camions, les réparations et les contraventions. «Un camion coûte cher à entretenir. Nous avons des familles à faire vivre. Nous ne pouvons plus continuer dans ces conditions», ajoutait un autre chauffeur.
Face à cette situation, le paiement immédiat des arriérés a été réclamé, ainsi qu'une révision des conditions contractuelles.
Marché conclu
Les contracteurs estiment également qu'une augmentation des tarifs est nécessaire afin de compenser la hausse des coûts d'exploitation. Selon eux, sans solution concrète, aucune reprise normale des activités n'était possible.
Sur place, l'accès au site de Mare-Chicose était fortement perturbé. Certains camionneurs affirmaient avoir limité ou bloqué leurs opérations, empêchant l'entrée et la circulation normales des véhicules liés au transport du lixiviat. La situation entraînait un ralentissement significatif des activités sur le site.
Enter Rajesh Bhagwan
Contacté, le ministre de l'Environnement, Rajesh Bhagwan, explique que la perturbation découle d'un différend entre l'opérateur du site, Sotravic Ltd, et ses contracteurs. «Ce litige entre l'opérateur Sotravic et ses contracteurs, dont les camionneurs, ne concerne pas directement le ministère de l'Environnement, mais l'arrêt de ces opérations a posé un grand problème d'enfouissement des déchets.»
Le ministre indique avoir convoqué plusieurs réunions hier afin de débloquer la situation. «Après une première réunion le matin entre l'opérateur et le ministère de l'Environnement concernant les non-paiements des contracteurs par l'opérateur, j'ai également rencontré des représentants des camionneurs en présence des hauts cadres du ministère, mais aussi d'un représentant de l'opérateur, car les camioneurs étaient insatisfaits des paiements reçus.» À l'issue de ces discussions, un accord a été trouvé. «L'opérateur a pris l'engagement de finaliser tous les paiements d'ici vendredi prochain. Après discussion, les camionneurs ont arrêté la grève et ont repris les opérations normalement. Le paiement s'est fait par tranches et une partie a déjà été effectuée.»
Le ministre a également tenu à replacer ce litige dans un contexte plus large, évoquant l'héritage du dossier Mare-Chicose. «Je rappelle à la population que j'ai hérité de ce site d'enfouissement, en tant que ministre, sur la base d'un contrat pour un site vertical de plusieurs milliards de roupies, accordé par l'ancien gouvernement avant les élections générales.»
Il affirme suivre de près l'évolution du projet et avoir alerté à plusieurs reprises les autorités. «Depuis un bon moment, à la lumière du rapport des consultants, j'ai suivi le dossier régulièrement et, non satisfait des progrès, j'ai informé le Conseil des ministres à la fin de l'année dernière. J'ai présidé plusieurs comités où l'ancienne junior minister était présente. Jusqu'à maintenant, j'ai informé le gouvernement régulièrement de la situation et la dernière fois que je l'ai fait, ce n'était pas plus tard qu'aujourd'hui (hier).»
Sans nommer ses détracteurs, Rajesh Bhagwan dénonce de la récupération politique. «Certains profitent de la situation pour faire de la politique de bas étage. Je ne vais pas tomber dans ce piège. Je fais mon travail selon des normes et je ne suis pas ici pour perdre du temps.»
Enfin, il a rappelé l'enjeu crucial que représente Mare-Chicose pour la gestion des déchets à Maurice. «Je rappelle qu'il n'y a qu'un site d'enfouissement. Je ferai bientôt une recommandation au Conseil des ministres après avoir reçu celle des consultants concernant certaines conditions du contrat d'extension qui ne sont pas respectées à 100 %.»