Sénégal: Avant-première du film « rêve américain » - l'itinéraire chaotique de deux agents du basketball français

C'est une soirée rare, mêlant cinéma, basket-ball et ambitions continentales, qui s'est déroulée jeudi 16 avril 2026 au cinéma Pathé de Dakar. L'avant-première africaine du film Le Rêve américain, réalisé par Antony Marciano, a attiré un grand public conquis, venu découvrir le parcours hors norme de deux agents français de basketball, Bouna Ndiaye et Jérémy Médiana.

La projection s'est déroulée en présence de M. Amadou Ba, ministre de la Culture, de l'Artisanat et du Tourisme (MCAT), de Mme Christine Farges, ambassadrice de France au Sénégal, ainsi que de l'équipe du film, dont l'acteur Jean-Pascal Zadi (qui interprète l'un des rôles principaux), Bouna Ndiaye et Jérémy Médiana, les deux figures ayant inspiré l'oeuvre.

Le Rêve américain retrace l'itinéraire chaotique de deux agents du basketball français, confrontés aux dures réalités d'un milieu impitoyable où il est difficile de se faire une place. Le public dakarois a ainsi pu découvrir un récit poignant. Pour espérer signer un contrat avec un club et commencer à percevoir des revenus, un agent doit s'armer de courage et de patience, un processus qui prend au minimum quatre ans. Le chemin vers la NBA y est dépeint comme un véritable chemin de croix, mais aussi comme une aventure profondément humaine.

« Le film parle de basketball, mais plus largement de sport et de dépassement de soi », a souligné dans son allocution Mme Christine Farges, l'ambassadrice de France. Devant une salle attentive, elle a salué le choix fort des équipes de production et de distribution de présenter ce film au Sénégal : « Ce choix n'est pas anodin. Il contribue au rayonnement du cinéma français à l'international, mais il a surtout une portée inspirationnelle : créer des ponts, susciter des inspirations, s'adresser à la jeunesse et donner un message d'espoir. »

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Mme Christine Farges a rapproché ce récit de l'actualité sportive majeure du pays, à l'approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, les premiers événements olympiques jamais organisés en Afrique.

Après la projection, les protagonistes Bouna Ndiaye et Jérémy Médiana, rejoints par l'acteur Jean-Pascal Zadi, se sont prêtés au jeu des questions-réponses avec une salle visiblement émue. L'un des moments forts a été la réaction d'un spectateur, scénariste camerounais, qui a salué la force narrative du film : « Vous avez réussi à m'intéresser, à me passionner profondément pour ce monde. Partir d'une histoire vraie et raconter des dizaines d'années en un film, c'est un exploit surréaliste. »

À la question d'un autre spectateur sur la célèbre négociation du contrat de Nicolas Batum (évoqué dans le film pour un montant de 46 millions de dollars), Bouna Ndiaye a livré une anecdote savoureuse : « Michael Jordan nous a dit un jour : "Bouna, I never made that money." Je lui ai répondu : "Michael, because you're Michael, I give you five minutes." Et nous avons obtenu le contrat. »

Les deux agents n'ont pas manqué de rappeler leur fierté d'être, pour l'un, d'origine sénégalaise, et pour l'autre, de partager la moitié de ses racines avec le pays. « Venir impacter des gens de chez nous, il n'y a pas plus grand thème », a lancé Bouna Ndiaye sous les applaudissements.

Au-delà du film, c'est un véritable manifeste d'ambition et de persévérance qui a été livré aux jeunes spectateurs. L'un des intervenants a résumé l'état d'esprit des deux agents : « L'échec, c'est la clé de la réussite. On a compris que quand on tombait, on s'aidait à avancer. »

La soirée s'est achevée sur une promesse : celle de continuer à développer des projets au Sénégal, à l'image de la fondation Why Not Me ? de Bouna Ndiaye, qui accompagne déjà des centaines de jeunes à travers le sport.

Le Rêve américain sortira prochainement dans plusieurs pays d'Afrique francophone. Une chose est sûre : à Dakar, il a déjà trouvé son public.

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