Sud-Soudan: La découverte de corps lors de travaux routiers révèle le lourd tribut des violences

17 Avril 2026

Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU faisait le point vendredi sur la situation au Soudan du Sud, des enquêteurs indépendants de l'ONU ont exprimé leur profonde inquiétude concernant les informations selon lesquelles des corps auraient été découverts dans l'État de Jonglei lors de récents travaux routiers, mettant en lumière « le coût humain caché de la recrudescence de la violence » dans ce pays.

La Commission des Nations Unies sur les droits de l'homme au Soudan du Sud a averti que le véritable bilan humain de la recrudescence de la violence dans le pays pourrait être bien plus lourd qu'on ne le pense.

Selon les enquêteurs de l'ONU, les premières informations suggèrent que ces corps pourraient être ceux de combattants tués lors de combats antérieurs, bien que les circonstances entourant leur mort et leur inhumation restent floues.

« Ces informations sont profondément troublantes. La découverte de restes humains dans une zone touchée par le conflit est toujours un sujet de grave préoccupation », a déclaré Yasmin Sooka, présidente de la Commission.

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Nécessité d'une enquête rapide, indépendante et impartiale

Ces informations font surface alors que le conflit a repris dans le pays, notamment avec des combats intenses autour d'Akobo ces derniers jours, où le contrôle du territoire aurait basculé entre les Forces de défense populaires du Soudan du Sud (SSPDF) et des éléments du Mouvement populaire de libération du Soudan dans l'opposition (APLS-IO).

La Commission a averti que la reprise des hostilités traduisait un effondrement plus général de l'accord de paix et un retour à des schémas de violence qui, historiquement, ont conduit à des atrocités de masse.

« La possibilité que des victimes soient enterrées dans des sites non signalés met en lumière une réalité encore plus troublante : celle où l'ampleur réelle des souffrances est dissimulée », a ajouté Mme Sooka.

La Commission a également souligné que la découverte de fosses communes liées au conflit suscitait de graves préoccupations au regard du droit international humanitaire et des droits de l'homme, et nécessitait l'ouverture d'une enquête rapide, indépendante et impartiale.

Sites à préserver en vue d'une enquête

Elle a insisté sur le droit des familles à connaître le sort de leurs proches et à voir leur dignité respectée. « Tous les efforts doivent être déployés pour veiller à ce que les dépouilles soient identifiées dans la mesure du possible et à ce que les enquêtes soient menées de manière transparente et conformément au droit international ».

La Commission a souligné que ces sites devaient être sécurisés et préservés en vue d'une enquête indépendante, impartiale et professionnelle, comprenant des examens médico-légaux appropriés, conformément aux normes internationales. Il s'agit « de mener des enquêtes médico-légales en bonne et due forme et de veiller à ce que les responsables soient identifiés et traduits en justice ».

« Une gestion adéquate des sites funéraires est essentielle non seulement pour établir les responsabilités, mais aussi pour préserver les preuves médico-légales », a affirmé l'un des membres de la Commission, Barney Afako. « Le non-respect des procédures régulières risque d'entraîner la perte d'informations cruciales sur les circonstances dans lesquelles ces personnes sont décédées ».

Réunion du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité tient, vendredi matin, une séance d'information sur la situation au Soudan du Sud et sur les travaux de la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSS).

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