L'Australie a fait parler son expérience pour s'adjuger la toute première édition de la FIFA International Women's Series, escale de Nairobi. Dans un Nyayo National Stadium quasiment plein, les Matildas ont dominé le Kenya (2-0), au terme d'une rencontre plus disputée que ne l'indique le score.
L'attaquante de Chelsea, Sam Kerr, et Clare Wheeler ont trouvé la faille, chacune dans une période, offrant à l'Australie un succès précieux pour la confiance. Mais au-delà du résultat brut, le sélectionneur Joe Montemurro a surtout retenu les enseignements d'une opposition accrochée, n'hésitant pas à saluer la prestation des Harambee Starlets.
« Crédit au Kenya, qui nous a vraiment posé des problèmes et s'est procuré trois ou quatre occasions franches. C'est une très bonne équipe, qui nous a poussés dans nos retranchements. Ce match m'a permis d'évaluer notre progression et d'identifier les axes d'amélioration », a confié l'ancien coach d'Arsenal Women.
Avant d'ajouter : « Je suis très reconnaissant envers la FIFA pour cette Series. Elle nous permet d'affronter des équipes venues de différents continents, de découvrir d'autres cultures et d'autres styles de jeu. Ces deux matches ont été très enrichissants pour le groupe. C'est une excellente base de travail en vue de la Coupe du monde. »
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Kerr avait ouvert le score en première période, profitant d'une frappe dans la surface qui a échappé à la gardienne kényane. Après la pause, un mouvement collectif parfaitement exécuté permettait à Wheeler de conclure simplement dans la surface.
Capitaine et figure de proue des Matildas, Sam Kerr savourait autant le trophée que l'expérience humaine : « C'était une formidable aventure pour tout le groupe. Au-delà du terrain, nous avons échangé avec des joueuses d'horizons différents, rencontré les supporters et ressenti leur passion. C'est une avancée majeure pour le football féminin. »
Malgré la défaite, le Kenya est sorti la tête haute. La sélectionneuse Beldine Odemba s'est montrée satisfaite du contenu proposé par ses joueuses : « Nous avons encaissé un but sur une erreur, ce qui nous a déséquilibrées. Mais je suis très fière des filles. Nous avons rivalisé avec une équipe du calibre de l'Australie et nous avons eu des occasions. Cela confirme notre progression, surtout avec un groupe jeune. »
Les Starlets ont joué sans complexe face aux Australiennes. Les meilleures opportunités ont d'ailleurs été pour l'ancienne capitaine des U-20, Fasila Adhiambo, malheureuse à deux reprises sur le poteau et stoppée deux fois par la gardienne adverse. La capitaine Mwanahalima Adam retenait l'état d'esprit affiché : « L'Australie est l'une des meilleures équipes du monde, et nous avons montré que nous pouvions rivaliser. Nous avons joué sans peur, avec caractère. C'est essentiel à l'approche de la Coupe d'Afrique des Nations. »
Dans la petite finale, l'Inde a arraché la troisième place au terme d'un match spectaculaire face au Malawi (3-2). Astam Oraon avait lancé les siennes avant qu'Irene Khumalo n'égalise sur coup franc. Aveka Singh redonnait l'avantage aux Indiennes avant la pause, mais Deborah Henry remettait les compteurs à égalité au retour des vestiaires. Finalement, Singh s'offrait un doublé décisif à six minutes du terme.
Malgré la défaite, le sélectionneur du Malawi, Lovemore Fazili, retenait l'essentiel : « Nous avons affronté des équipes de haut niveau venues d'Océanie et d'Asie. C'est exactement l'exposition dont nous avions besoin avant notre première CAN féminine. Nous repartons avec de précieux enseignements, tant sur le plan tactique que mental. »
Cette FIFA International Women's Series, qui réunissait 16 équipes réparties sur quatre sites, s'est conclue à Nairobi dans une atmosphère festive. Entre célébrations et feux d'artifice, le public kényan a répondu présent, confirmant l'essor du football féminin en Afrique de l'Est.