Trois jours d'échanges pour tirer les leçons des derniers scrutins aux Comores. Le séminaire sur l'évaluation des cycles électoraux 2023-2025 s'est achevé, jeudi 16 avril, à Moroni avec une feuille de route, à l'horizon 2029. Les discussions ont notamment porté sur la gestion des contentieux électoraux, l'accès des candidats aux éléments de preuve ou encore l'archivage des données électorales, des questions techniques, mais sensibles, au coeur de la crédibilité des scrutins.
Le document final prévoit notamment un audit indépendant du fichier électoral, la création d'un code électoral unique et un encadrement plus strict du financement des campagnes.
Le gouvernement met en avant la nécessité de fiabiliser les listes électorales.
« Nous en avons besoin pour plus d'efficacité et plus de transparence. Nous avons quand même des atouts nous permettant de réaliser cela dans les meilleurs délais avec l'accompagnement également de nos partenaires. Ce travail doit être fait préalablement », indique Mohamed Ahamada Assoumani, ministre de l'Intérieur en charge des élections.
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L'opposition, présente au séminaire, se dit globalement satisfaite, tout en restant attentive aux modalités d'application.
« Nous n'avons pas encore arrêté le format de la désignation des personnes responsables de la gestion des élections. Le principe a été acté, maintenant on estime qu'au niveau donc de la loi c'est là où on va arrêter le format que nous allons retenir. Tout doit être fait, avant la fin de 2027, pour pouvoir mettre en application la loi pendant les élections de 2029 », précise Latuf Abdou, du Collectif Anjouan 2029.
Même prudence du côté de la société civile qui appelle à juger sur les actes.
« Il y a eu des recommandations qui ont été faites, depuis 2016 et jusqu'aux dernières élections, cela n'a pas été respecté. Cela n'explique pas qu'on doit chanter victoire, parce qu'il reste l'exécution de ces recommandations. Donc, nous serons vigilants à attendre et à voir la pratique de cette recommandation par rapport à la réalité de notre pays », déclare de son côté, Ibrahim Selemane de la Fédération comorienne des consommateurs.
Le texte prévoit aussi un plafonnement des dépenses de campagne et des obligations de transparence financière pour les candidats et les partis politiques.