À Maurice, alors que plus d'un millier de cas de chikungunya ont été recensés depuis le début d'année, un retour aux remèdes traditionnels s'observe.
Dans ce contexte, certaines figures locales perpétuent un savoir ancestral fondé sur l'usage des plantes médicinales. Parmi elles, Lilette Bac, connue du public sous le nom de Madame La Tisane, partage des pratiques héritées des anciens. Rencontrée lors du tournage de l'émission Eski to ti kone, elle évoque plusieurs méthodes naturelles autrefois utilisées dans les familles mauriciennes pour soulager divers maux.
Les multiples vertus du papayer
Selon Lilette Bac, les feuilles de papayer sont souvent utilisées en décoction pour atténuer certains symptômes liés au chikungunya et à la dengue, notamment la fièvre. Le breuvage, obtenu après ébullition, est amer, mais reste consommé à des fins thérapeutiques.
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Elle décrit également une autre méthode traditionnelle encore en usage dans certains foyers : les feuilles fraîches sont lavées, puis râpées afin d'en extraire les substances actives. Elles sont ensuite plongées dans de l'eau portée à ébullition pour en recueillir le jus.
Celui-ci est filtré et consommé, généralement en petites quantités, dans l'objectif de soulager la fièvre et de «nettoyer» le corps, selon les croyances populaires. Malgré son goût prononcé, cette préparation demeure ancrée dans les remèdes de grand-mère transmis de génération en génération. Par ailleurs, le papayer est reconnu pour ses propriétés digestives. Verte, le fruit est consommé en salade ou bouillie. Les graines du fruit mûr sont parfois utilisées dans des pratiques traditionnelles pour leurs effets supposés sur le foie.
«Delwil bwar», une cure d'antan
Autre remède évoqué: delwil bwar. Jadis largement utilisée dans les foyers mauriciens, cette huile était administrée en petites quantités pour soulager les douleurs abdominales et les coliques, notamment chez les enfants. Afin d'en atténuer le goût, elle était parfois mélangée à du sucre ou à des agrumes. Aujourd'hui encore disponible en pharmacie sous une forme plus raffinée, elle reste associée aux pratiques de médecine traditionnelle.
Autres plantes bénéfiques
Plusieurs autres plantes continuent de figurer dans ces savoirs populaires. Le lalo, par exemple, est consommé en infusion pour ses effets dits «nettoyants». Les petits cocos verts, une fois bouillis, prennent une teinte rosée et sont consommés pour leurs effets supposés sur la digestion et les ballonnements. Le pamplemousse est souvent recommandé dans l'alimentation des personnes diabétiques, tandis que la goyave est traditionnellement utilisée pour contribuer à la régulation du taux de sucre dans le sang.
La citronnelle demeure une tisane prisée contre la grippe et la fièvre. Enfin, la plante appelée saponaire est également mentionnée dans certaines préparations traditionnelles contre les états fébriles. Ces remèdes, transmis de génération en génération, font partie intégrante du patrimoine culturel mauricien. Toutefois, ils ne remplacent pas un avis médical, en particulier dans le contexte de maladies telles que le chikungunya et la dengue.