Cote d'Ivoire: L'éditorial d'Adama Koné - Dans le fond du Fonds souverain stratégique

Le dernier conseil des ministres a lancé le projet de loi sur la création d'un Fonds souverain stratégique pour le développement de la Côte d'Ivoire (Fsd-CI). Dans le communiqué sanctionnant cette réunion présidée par le Chef de l'Etat, il est mentionné que la colonne vertébrale de cette structure financière, est composée de trois parties : Le Fonds de développement des infrastructures, le Fonds de stabilisation économique et le Fonds de placements financiers stratégiques. Une ossature qui colle à l'envol du pays, mais surtout, c'est une assurance, pour la réalisation d'une grande Côte d'Ivoire.

Qui veut aller loin, ménage sa monture. Un adage qui revient automatiquement à l'esprit, après l'annonce faite au dernier conseil des ministres du mercredi 15 avril 2026. Celle de la mise en place d'un Fonds souverain stratégique pour le développement du pays (Fsd-CI). La Côte d'Ivoire voit grand. La Côte d'Ivoire a de la suite dans les idées. Depuis 2012, le pays a renoué avec la planification de son développement. Séquencée de manière quinquennale.

Depuis, rien ne se fait au hasard. Tout est pensé, structuré et mis en forme et projeté. Ce, au regard des défis de développement et du bien-être des populations. De sorte à éviter les aventures financières spontanées, sans lendemain. C'est tout le sens des Plans nationaux de développement (Pnd). Des projections bien encadrées des objectifs de développement, avec des projets identifiés, des actions appropriées, des acteurs de réalisation connus, des timing définis et des coûts chiffrés.

Le dernier Plan national de développement court de 2026 à 2030. Il est estimé à 114.000 milliards de Fcfa. Son ambition, parvenir à une grande Côte d'Ivoire. C'est-à-dire réaliser le potentiel du pays, en matière de développement. Quand on a consigné son destin dans un tel document, il faut pouvoir se donner les moyens de réaliser son contenu, en toute quiétude. Il est important de se mettre à l'abri de certaines contraintes exogènes, capables de contredire ou retarder son exécution. Il est vrai que les ressources sont diverses et en progression.

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Rien qu'à regarder la propension à la hausse d'une année à l'autre, du budget de l'Etat ivoirien. Avant, ce budget était composé de deux parties. Le Budget général de fonctionnement (Bgf) et le Budget spécial d'investissement (Bsi). Aujourd'hui, toutes les recettes et les dépenses s'effectuent à travers un seul document qui le budget de l'Etat, soutenu par la loi des finances, votée par le Parlement. Seulement, le gouvernement aspire à une accélération de ses actions de développement.

Pour ce faire, il doit prendre des dispositions qui lui garantisse la mise en oeuvre de ses grands travaux et investissements. Une sorte de sécurisation de son action. C'est tout le sens du Fonds souverain stratégique pour le développement de la Côte d'Ivoire.

Au fond, c'est un instrument financier de haut niveau. Il importe d'en donner quelques vertus, pour mieux le comprendre. En réalité, un fonds souverain un levier de transformation économique, tant au niveau local qu'international. Il sert de bouclier contre les crises et constitue un moteur de croissance à long terme. De façon détaillée, le fonds souverain a trois impacts. D'abord sur le plan économique, il permet une transformation de la gestion des ressources publiques, à travers une stabilité structurelle.

A quoi renvoie cette notion ? Sur le plan macro-économique, le fonds absorbe les chocs liés à la volatilité des prix des matières premières, comme l'or ou le pétrole. Nul besoin de faire un schéma, actuellement avec les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, avec en toile de fond, l'impact sur le cours du pétrole. Ensuite, le fonds souverain est un outil de soutien au développement.

Il garantit le financement des projets d'infrastructures vitaux, comme l'énergie, le transport et les secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, souvent délaissés par le secteur privé en raison de leur horizon de rentabilité lointain. Enfin, le fonds souverain a un impact financier à double sens.

En considérant purement le marché financier, la taille du fonds en fait un acteur systémique. Premièrement, en tant que fournisseurs de liquidités. Car sa vision à long terme lui permet d'injecter à contre-courant des capitaux pendant les crises financières mondiales, pour en tirer des dividendes conséquents à l'avenir. Deuxième avantage, la prise de participation à l'échelle mondiale par un fonds souverain est très souvent perçue par le milieu des affaires, comme un gage de solidité, donc un signal de confiance entrainant une appréciation de la valeur boursière des entreprises bénéficiaires.

Le second impact financier relève de la solidarité intergénérationnelle. En ce sens que le fonds souverain assure le transfert de la richesse actuelle, vers les générations futures sous forme d'épargne fructifiée. En Afrique, on peut citer le Nigeria, l'Angola ou le Maroc qui disposent de fonds souverain.

En la matière, selon les spécialistes, trois conditions sont à remplir pour la création d'une telle institution financière. Le pays doit disposer cumulativement de ressources excédentaires significatives, avoir des institutions solides et adopter une vision de long terme.

La première condition (disposer de ressources excédentaires) explique largement l'implication du ministère des Mines, du pétrole et de l'Energie où des champs de pétrole et de gaz à dimension internationale sont découvertes et même en exploitation. Sans oublier le département du Portefeuille de l'Etat et des entreprises publiques, qui enregistre des performances jamais égalées, avec un chiffre d'affaires en hausse de 15%, en 2025 et une augmentation de 32% des résultats nets.

Les institutions du pays, deuxième postulat, sont plus que jamais solides et opérationnelles. Quant à la vision de long terme, dernière condition, elle est simplement contenue dans la Pnd 2026-2030. La Côte d'Ivoire peut alors aisément ouvrir son fonds souverain stratégique.

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