La Primature du Sénégal a abrité hier, lundi 20 avril 2026, la cérémonie d'ouverture du troisième atelier régional du programme DENVA (Développement des Écosystèmes Nationaux de Volontariat en Afrique). Jusqu'au 22 avril, les délégations de douze pays africains, des représentants d'institutions continentales et les partenaires techniques, dont France Volontaires, plancheront sur un enjeu crucial : l'évaluation des programmes de volontariat.
Cette rencontre s'inscrit dans la dynamique de l'Année internationale des volontaires pour le développement durable, proclamée par les Nations unies (ONU) en 2026, dont le Sénégal est référent institutionnel.
Le programme DENVA, initié en 2024 par France Volontaires et l'Agence nationale de volontariat du Togo, regroupe un consortium de douze agences nationales en charge du volontariat : Bénin, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie, RDC, Sénégal, Tchad et Togo. Il bénéficie du soutien technique de l'Union africaine (UA), de la CEDEAO, de la CONFEJES et du Programme des Volontaires des Nations unies, ainsi que d'un cofinancement de la France.
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Le programme se déploie autour de quatre axes stratégiques. Deux ateliers précédents, tenus à Lomé, ont déjà permis d'élaborer un référentiel sur le montage des missions de volontariat et un autre sur l'intégration du volontariat dans les politiques publiques.
Un troisième atelier pour construire un référentiel d'évaluation commun
L'atelier de Dakar, qui se tient à la Primature, est consacré à l'évaluation des programmes de volontariat. Il doit aboutir à la production d'un référentiel destiné aux acteurs africains, afin de définir des standards minima applicables sur le continent et de créer des passerelles inclusives pour les échanges de volontaires.
La cérémonie d'ouverture a réuni les délégations des douze pays, le Directeur général de France Volontaires, ainsi que le Premier conseiller de l'Ambassade de France, représentant Madame Christine Farges, ambassadrice de France au Sénégal.
Le premier à prendre la parole, Le colonel Campbell Dieng, Directeur général du Service civique national et du Volontariat (DGSCNV), a justifié le renouvellement de la convention de partenariat avec France Volontaires, signé lors de cette même cérémonie. « Nos organisations ont beaucoup muté, a-t-il expliqué. Nous sommes passés du ministère de la Jeunesse à la Primature, et de Direction du Service civique national à Direction générale du Service civique national et du Volontariat. Ce renouvellement est nécessaire pour respecter nos nouveaux droits, nos missions élargies et avoir plus d'impact. »
Il a détaillé les ambitions sénégalaises : « Nous voulons un volontariat inclusif, qui embrasse tous les secteurs, tous les âges - y compris les seniors et les personnes en activité. Les textes de loi sont en cours de validation. » Il a également salué la présence des douze pays et remercié France Volontaires d'avoir fait du rêve d'organiser cet atelier à Dakar une réalité.
Pour sa part, le Directeur général de France Volontaires a souligné l'ancienneté et la solidité du partenariat avec le Sénégal. « C'est un des premiers pays de volontariat, avec beaucoup de Français qui viennent, mais aussi beaucoup de Sénégalais qui effectuent des missions en France. »
Il a salué la proposition des autorités sénégalaises d'accueillir l'atelier à Dakar. « Notre objectif, a-t-il poursuivi, est de partager entre pairs les différents modes de mobilisation du volontariat au Tchad, au Togo, en Côte d'Ivoire, au Sénégal, en France et de construire des référentiels partagés. Le volontariat, c'est l'engagement que les missions soient de qualité, que le cadre soit défini, pour favoriser l'insertion et la citoyenneté concrète. »
Prenant la parole au nom du gouvernement sénégalais, Boubacar Camara, Secrétaire général du gouvernement, a salué les initiatives visant à faire du volontariat un levier de la participation citoyenne. Il a rappelé que le Sénégal s'est doté, dès 2020, d'une loi d'orientation sur le volontariat, et qu'en avril 2024 a été créée la Direction générale du Service civique national et du Volontariat, désormais placée sous la tutelle du Secrétariat général du gouvernement.
« Ce positionnement à la Primature montre l'importance politique accordée au volontariat. Il ne doit pas s'agir d'une activité parallèle aux politiques publiques, mais d'une action de masse connectée aux priorités nationales », a-t-il insisté. Il a également appelé à intégrer les seniors, la diaspora africaine et les afrodescendants des Caraïbes ou du Pacifique dans les dispositifs de volontariat.
Une signature de convention et des perspectives continentales
La cérémonie a également été marquée par le renouvellement de la convention de partenariat entre la DGSCNV et France Volontaires, en présence du directeur général de France Volontaires, signe de l'importance de la coopération continentale et internationale.
L'atelier se poursuit jusqu'au 22 avril à la Primature de Dakar, avec pour ambition de doter l'Afrique d'outils standardisés et validés par tous pour mesurer l'impact réel des programmes de volontariat.