Constat lucide, dressé par le député de la majorité, Khushal Lobine. Il souligne dans un communiqué que, face à une nouvelle flambée des tensions internationales, Maurice subit une fois de plus les répercussions de crises qu'elle n'a pas provoquées. La hausse des prix du carburant et de l'électricité, alimentée par les incertitudes géopolitiques dans plusieurs régions stratégiques, accentue la pression sur le coût de la vie. Ménages, travailleurs indépendants, PME et secteurs productifs figurent parmi les premiers touchés, alors que les revenus peinent à suivre le rythme de l'inflation.
Dans ce contexte, Khushal Lobine propose la création d'un Sovereign Solidarity and Resilience (SSR) Fund, un mécanisme temporaire inspiré du Fonds de Solidarité COVID-19, mais cette fois dédié à la crise énergétique actuelle. Ce dispositif, qui serait instauré par le biais de règlements sous la Finance and Audit Act, fonctionnerait jusqu'au 31 décembre 2026, avec une évaluation parlementaire préalable avant toute prolongation éventuelle.
Le principe avancé repose sur une solidarité ciblée : en période de choc externe, les acteurs disposant des moyens les plus importants contribueraient davantage, sur une période limitée, afin d'alléger la charge pesant sur les plus vulnérables.
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Le financement du SSR Fund reposerait sur plusieurs leviers :
· Une contribution obligatoire de 15 % du salaire de base pour les membres de l'Assemblée nationale, les ministres et les hauts responsables publics ;
· Une participation volontaire au même taux pour les salariés percevant un salaire de base égal ou supérieur à Rs 150 000 ;
· Une contribution temporaire des grandes entreprises rentables, dont le bénéfice net après impôt dépasse Rs 50 millions.
Les ressources collectées seraient strictement affectées à des objectifs précis :
· Un soutien direct aux ménages vulnérables confrontés à la hausse des prix de l'énergie, de l'électricité et de l'alimentation ;
· Une aide ciblée aux travailleurs indépendants et aux PME confrontés à l'explosion des coûts de transport et de production ;
· Des mesures limitées de résilience énergétique, notamment en faveur de l'efficacité énergétique et de l'autoconsommation pour les foyers modestes.
Sur le plan de la gouvernance, le SSR Fund serait administré par un agent comptable du ministère des Finances, audité par le Directeur des Audits et placé sous la supervision d'un Select Committee de l'Assemblée nationale.
Autre volet de la proposition : une révision du régime des retraites parlementaires, afin que les pensions ne deviennent effectives qu'à partir de 65 ans, en cohérence avec le relèvement progressif de l'âge de la retraite appliqué au reste de la population. Une lettre détaillant l'ensemble de ces mesures, accompagnée d'un «position paper» complet, a été officiellement adressée au Premier ministre.
Présenté comme un outil exceptionnel, le SSR Fund se veut une réponse temporaire, transparente et encadrée par le Parlement, avec pour ambition de protéger le pouvoir d'achat, soutenir les PME et renforcer la résilience des ménages mauriciens face à une crise importée.